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Sono Sion plante le décor dès les premières minutes. Dans les recoins lugubres, pluvieux, et mal éclairés du quartier des Love Hotel de Tokyo, une brigade de police retrouve un assemblage sanglant d’un corps de femme emboîté avec ceux d’un mannequin. Mais alors que cette première séquence particulièrement marquante laissait présager une enquête policière, le réalisateur s’en détache très vite pour laisser place à une critique sociale aride, sèche, sulfureuse s’épanchant sans compromis sur l’émancipation du désir féminin dans une société japonaise parfois dépourvue de repère émotionnel et amoureux. Sono Sion fera se rejoindre le destin de deux femmes diamétralement opposées mais à la souffrance semblable.

Izumi, une épouse serviable, regarde son mari avec des yeux aimants et respectueux sans que cela ne soit réciproque. Il ne la touche pas, ne lui parle quasiment pas, il part tôt le matin et rentre tard le soir pour écrire dans son bureau ses livres romantiques à succès. Souffrant de sa solitude, elle essayera de s’affranchir personnellement de son mal être pour être libre de ses choix et de ses gestes en découvrant des zones d’ombres de sa personnalité, premièrement en trouvant un petit job sans intérêt dans une petite supérette de quartier puis dans un second temps par l’expression de ses désirs inavouables par le biais des photos de charmes et la prostitution où elle fera la rencontre d’une maître de conférence universitaire s’adonnant aux plaisirs charnels tarifés en quête perpétuelle du « Château ». Alors que Love Exposure marchait sur un fil d’équilibriste changeant à sa guise la tonalité de son film, Sono Sion est beaucoup plus tranchant et nihiliste dans Guilty of Romance.

Il ne prend pas de gants pour nous engouffrer dans un environnement incandescent qui ne sait plus où placer le curseur de la normalité comportementale, donnant la vision d’un Tokyo morbide dissimulant une perversité moribonde dans une pluie de couleurs fluorescente peinturlurées. Quelque soit la voie à prendre, il n’y a pas ou peu d’échappatoire, décrivant un constat d’échec terrifiant des relations amoureuses évanescentes. Sono Sion y impose une poésie lugubre tantôt touchante tantôt déstabilisante grâce à un écrin esthétique brillant à l’érotisme fulgurant qui ne se met aucune barrière morale et visuelle. Petit à petit Izumi consommera ses pulsions sexuelles pour se découvrir en tant qu’épouse mais surtout en tant que femme libre. Mais le rapport de force prendra une toute autre tournure au fil des minutes, où elle sera elle-même consumée par ses propres désirs.

Elle voudra quitter son cocon familial aliénant mais à quel prix et pour quelle satisfaction, allant d’une prison psychologique à une autre, sans qu’elle en trouve au final, aucune satisfaction réelle dans l’acceptation des mots et du corps. Imprégnant une tension mortifère durant toute la durée de son œuvre, on pourra juste regretter le fait que Sono Sion perd parfois un peu le fil de son récit en n’arrivant pas à se dépêtrer de son dispositif ultra sexué laissant poindre une once de répétition notamment dans une relation un brin monotone entre les deux femmes dans sa deuxième moitié du fil, malgré les révélations finales familiales sordides et un plan final abscons mais révélateur d’une liberté devenue innocente.

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