Des flingues, des explosions, de la baston, un défouloir total du point de vue du héros…

Avis sur Hardcore Henry

Avatar Kevin Robert
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Beaucoup de films d’action souffrent d’un scénario trop peu crédible. Écriture bâclée, dialogues entendus mille fois, script tenant sur une page, la liste des défauts peut être longue. Hardcore Henry n’échappe pas beaucoup à la règle mais il redéfinit complètement le genre !

Entièrement tourné à la première personne, en caméra subjective,  le spectateur est immédiatement plongé dans la peau du héros. A moitié cyborg, Henry se réveille sans souvenirs et va chercher à sauver sa femme de l’emprise d’un psychopathe, digne d’un Targaryen !

Le film s’ouvre sur un générique très esthétique et très sombre, couleurs noir et rouge à l’appui. Par effets d’ombres, on contemple des scènes d’exécution au ralenti, nous conditionnant rapidement à un excès de violence permanent. De ce côté-là, le film ne déçoit pas, et c’est exactement ce à quoi l’on peut s’attendre !

A la manière d’un jeu vidéo du genre FPS, on découvre le monde qui entoure Henry, qui nous entoure donc nous aussi. Rapidement projeté en plein cœur de l’action, on se bat avec lui, on subit les coups on vit pleinement ces scènes surréalistes mais terriblement efficaces ! Une multitude d’ennemis tentent alors de barrer son (notre ?) chemin. Il y a là une chorégraphie précise, nous immergeant sur des champs de batailles très atypiques.

En reproduisant des mécanismes de jeux vidéo, les plus passionnés remarqueront les beaux hommages empruntés au 10ème art. Le premier ennemi d’Henry est abattu à l’aide d’un balai d’essuie-glaces, arme terriblement redoutable vous en conviendrez ! Ceci est une référence à Half-Life (la première arme trouvée est un pied de biche), et bien d’autres jeux où l’on évolue pas à pas dans l’introduction, de manière à bien contrôler son personnage. On retrouve ici ce même procédé, afin de mettre en conditions le spectateur et de renforcer le processus d’identification.

Et il y a bien une autre particularité à ce film, c’est son processus de création.

En effet, Ilya Naishuller fait partie à l’origine d’un groupe de rock russe, les Biting Elbows ! Réalisant les clips de leurs tubes, il se fait alors connaitre d’un plus large public avec celui du titre Bad Motherfucker. Réel condensé d’action à la première personne, on y retrouve un héros poursuivi par une horde de sauvages féroces.

Le résultat bluffant de ces 5 minutes de clip, réalisé avec beaucoup d’envie et sans gros moyens, est remarqué par Timur Bekmambetov. Réalisateur de Wanted, Abraham Lincoln : Chasseur de Vampires et le prochaine adaptation de Ben-Hur (admirez cette grandiose filmographie !). Timur propose alors à Ilya Naishuller de porter le projet en format long métrage.

Ces belles intentions cachent tout de même une certaine simplicité du script. L’intrigue apporte un climax intéressant mais laisse aussi perplexe sur son déroulé. Afin de palier au mutisme d’Henry, un personnage secondaire nous accompagnera afin de nous décrire les arcs narratifs. De la même manière, Henry est guidé par le GPS de son téléphone qui indique où il doit se rendre. Si dans un jeu vidéo, ces pratiques sont courantes, elle le sont moins au cinéma et cela dérange.

Verdict

Hardcore Henry est un véritable ovni cinématographique ! Rares sont les films aussi survoltés, tant en matière d’action et de rythme, sauf peut-être le tout aussi improbable Crank avec Jason Statham.

Entièrement filmé avec une Gopro, ce film bluffe par son énergie et son inventivité. Projet difficile, il bénéficie tout de même d’une sortie en salles assez importante avec 100 copies. Sa sortie est accompagnée par une large communauté d’internautes – en atteste les 250 000 $ récoltés en crowdfunding, ayant permis de financer les effets visuels.

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