Mitchell part dans tous les sens et frôle le ridicule plutôt que le culte hormis quelques belles idé

Avis sur How to Talk to Girls at Parties

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John Cameron Mitchell est un cinéaste aussi punk que peut l’être sa dernière œuvre. On se souvient de l’étonnant « Hedwig and the Angry Inch » et du culotté « Shortbus ». Histoires loufoques, images débridées et résultat quelque peu bordélique font partie de sa marque de fabrique. Mais si cela donnait un charme certain et une patte originale à ces deux précédents films (le troisième « Rabbit Hole » étant beaucoup plus classique), force est de constater qu’ici ces différentes caractéristiques sont beaucoup trop exagérées et aboutissent à un film qui a vite fait de nous décourager. Sa rencontre entre l’univers punk et celui de la science-fiction était une idée plutôt intrigante qui en valait une autre sur le papier, mais dont le résultat frôle constamment le Z.

D’ailleurs on ne peut pas réellement dire qu’il y ait une histoire digne de ce nom dans « How to talk to girls at parties ». Mais cette particularité qui peut fonctionner dans certaines OFNI (Objet Filmiques Non Identifiés comme aiment les appeler certains cinéphiles) a vite fait de nous lasser ici. Le film part dans tous les sens, regorge d’idées plus ou moins bonnes (ou mauvaises devrait-on dire) mais ne convainc pas sur la durée. Passé le prologue hystérique et agaçant au montage qui fait mal au crâne, on a pourtant une once d’espoir lorsque trois adolescents débarquent dans une maison abandonnée investie par des extra-terrestres divisés en six colonies. L’idée des couleurs et de séparer les aliens en groupes est une bonne idée mais pas toujours bien exploitée et de trop courte durée. Au final, son long-métrage finit plus par ressembler à « La Soupe aux choux » version british qu’à un film culte et générationnel.

On a droit tout de même à quelques belles séquences dont celle dans l’antre d’une Nicole Kidman déchaînée (l’un des seuls bons points du film) et à un final étonnamment émouvant au vu de tout ce qui a précédé. Mais le manque total de charisme des trois jeunes anglais et une œuvre qui s’éparpille dans le n’importe quoi constamment finissent d’achever notre patience. On en arrive même à se demander comment un truc pareil a fini par être produit et arriver en salles. Ce qui le sauve, c’est l’humilité ressentie dans « How to talk to girls at parties » et l’impression que Mitchell tente toujours de faire plaisir à son public. Qu’il essaye vraiment de proposer quelque chose de différent et de barré. C’est le cas, il faut l’avouer, mais il y a un gros manque de rigueur et son film ressemble plus à un nanar qu’à une pièce d’orfèvre dont on ne voudrait plus se passer. A moins qu’avec le temps, cette œuvre gagne en prestige par son côté unique…

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