"Il était une fois la vie"

Avis sur Il était une fois en Amérique

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A un moment, ça survient, ça claque et ça arrive, après tout c'était imminent.
Lorsqu' "Il était une fois en Amérique" s'achève, c'est un monde qui s'éteint, une vie qui se finit devant nos yeux alors que le temps nous a perdu.

C'est vrai... A aucun moment nous savons où nous sommes, quand nous sommes surtout...
Toujours est-il qu'on s'en branle.

Ça se cale derrière le béret d'un petit gars qui voit loin, d'un petit gars déjà grand. Ça le lâche pas, manquerai plus que ça...
Vous savez le petit qui regarde par les trous pour découvrir la femme, et qui y regardera encore plus de cinquante ans plus tard, pour voir son passé, pour se voir regarder ce qu'il regarde.

C'est tellement aisé, la manière qu'a cette mélodie de t'absorber, de t'agripper et de te déchaîner lorsqu'elle se déchaîne, de contempler lorsqu'elle contemple, de pleurer quand elle te le demande, et ça restera dans ta tête.

C'est pour de petites choses qu'un film est grand, pour ce brouillard qui virevolte sur le sol, c'est cette vison enchanteresse d'un simple quartier pauvre surplombé par un pont, c'est pour cette pute qui continuera à être désirée alors qu'elle s'enlaidit, c'est pour le passé, le présent, et la peur.

On en parle du fait que Noodles ado, c'est DeNiro dans sa jeunesse, on en parle que James Woods à la même tête que son interprète gamin, on en parle de Jennifer Connelly qui... Qui n'a jamais cessé d'être sublime.

L'Amérique est bizarre, elle provoque une étrange sensation nostalgique, une envie comme eux d'oublier par peur de regretter, se pencher à la fenêtre, regarder le ciel, le laisser vieillir et revenir pour voir les dégâts que le temps a eu sur nous, les dégâts que notre passé a sur nous. Ça les a détruit.

DeNiro, on le connaît tous, mais il nous surprend tous, le retrait, le rejet, la vieillesse avant l'heure, il se sent déjà exclu alors qu'il n'a même pas encore été en haut. Il sort à peine de taule, pour avoir poignardé un fils de putain, flingueur d'enfants, ça résonne.

C'est éblouissant à tous les coins de rues, la mise en scène brille, aveugle, mais il faudrait l'être, aveugle, pour ne pas la saluer, l'embrasser, et chialer.
Mélancolie quand tu nous tiens.

On termine en plein milieu, flamboyant, ça chute et tout se brise, et c'est dans un éclat de tranquillité qu'on s'endort, qu'on sourit, quand on réalise que le passé nous a lâché, mais pour combien de temps...

Une douce musique te le rappelle, cette voix, ce regard, "Noodles... J'ai dérapé"

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