L'Empire de Mal

Avis sur Inception

Avatar SmileShaw
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Inception est le seul film de ma vie que j’ai vu deux fois de suite au cinéma. Deux séances d’affilée.
Et comme je te vois venir, sache avant tout que ta médisance ne m’atteint et ne m’atteindra jamais. Toutefois, aimant que les choses soient claires et nettes, je tiens à te préciser que :

  • Non, la cause de cette frénésie renouvelée sur le champ n’était pas le casting 5 étoiles. Je n’en suis pas au point de ne pouvoir attendre pour me repaître à nouveau du beau Tom, de l’élégant Joseph, du ténébreux Cillian ou du monstre Leo. Groupie certes mais pas midinette.
  • Pas plus qu’une potentielle incompréhension de l’histoire, qui serait trop alambiquée, complexe et riche pour la pauvre blondasse que je suis. Même moi j’ai tout pigé au premier visionnage, c’est dire si c’est abordable.

L’explication était beaucoup plus simple : j’avais pris une bonne grosse baffe sur ma joue gauche la première fois et j’ai juste voulu tendre la droite, dans un certain esprit de justice et d’équilibre.
Le résultat ? Identique.

Cependant, aujourd’hui, au moment de lancer le film, le doute m’étreint. Aurai-je le même ressenti ? Serais-je une nouvelle fois sous le choc ? Trouverai-je à nouveau Inception foutrement attrayant, étrangement court et parfaitement réussi ?
Car 7 ans se sont écoulés depuis mes séances en salle et ma culture ciné, bien qu’encore balbutiante et relativement pauvre, s’est tout de même un peu étoffée. Se pourrait-il que je trouve ce spectacle quelconque, voir mauvais ?
2h30 plus tard, me voilà rassurée. Inception est toujours un gros coup de poing dans ma face. Et si je suis, encore, abasourdie, devant cette toute dernière image, j’ai ouvert les yeux sur ce que je considérais à l’époque juste comme un énorme blockbuster, enthousiasmant et malin à la fois.

Christopher Nolan est un petit sournois. Il nous a vendu son film comme un suspens à tendance science-fiction, par le biais de cette technique nouvelle : retirer (ou implanter ici) une idée dans l’esprit d’un homme, processus rendu possible par le biais du rêve, de manière plus ou moins complexe. Selon la difficulté de la situation ou la perméabilité de l’individu à approcher, plusieurs strates sont nécessaires pour atteindre le but recherché. Soit l’imbrication du rêve dans un rêve dans un rêve …, multipliant les chances de réussite mais également les dangers pour les intervenants.
Le film lui-même, d’ailleurs, au-delà de l’histoire qu’il propose, est un véritable mélange de genres, une imbrication de plusieurs apparats : thriller, film de braquage, d’aventures, mystère, et suspens et SF donc.
Mais tout ça, c’est de l’esbroufe, de la poudre aux yeux, le plus gros mensonge depuis les armes de destruction massive de Saddam.

Car Inception, c’est en tout premier lieu une histoire d’amour. Une love-story tragique, le parcours d’un homme, brisé, qui a perdu l’être aimé et qui va se chercher une rédemption. Un homme jugé coupable de la mort de sa femme, Mal. Coupable aux yeux des autres, et ils ont tort. Coupable aux siens et il se peut qu’il ait raison.

Inception, c’est l’Empire de Mal, la disparue, l’absente, pourtant personnage central, dont le souvenir ronge Dom, ce qui met en péril ses partenaires et ses missions.
Dom extraie ou implante des idées dans le cerveau des autres pour ne pas avoir à faire face à celle qui le hante et qu’il fuit tant qu’il peut : l’idée qu’il a perdu l’autre moitié de son tout et qu’il doit renoncer à elle, une fois pour toute. Faire son deuil et avancer.

Ouais, il est sournois, le Nolan. Loin de la mièvrerie ou de la cuculapralinerie inhérentes, bien souvent, à ce genre de fadaise, il t’enrobe ça sous une bonne grosse couche de grand spectacle, à grands renforts de scènes visuelles qui claquent, d’un scenario sans failles (pour le bon public que je suis en tout cas), expliquant juste ce qu’il faut, comme il faut ; il saupoudre de la musique du copain Hans Zimmer, qui, de manière assez stupéfiante, donne l’impression de se renouveler à chaque bande-son tout en servant, à vue d’oreilles, plus ou moins toujours la même chose ; et assaisonne le tout avec ce qui se fait de mieux niveau casting, le must de cette génération de trentenaires, talentueux et incontournables.
Ainsi il te sert, sur un plateau, l’inévitable blockbuster, malin, prenant et totalement immersif, auquel tu n’es pas gêné pour deux sous de claquer le 9. Moi en tout cas et on sait bien que moi, rien ne me gêne.

Je sais qu’il existe sur le net des théories ou des explications sur la scène finale et son plan ultime, celui de cette toupie qui tourne. S’arrête-t-elle ou poursuit-elle, indéfiniment, sa rotation ? Rêve ou réalité ?
Je ne veux rien savoir de tout ça.
J’ai mon idée. Laissez-la-moi.

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