La retraite, ça existe

Avis sur Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal

Avatar Amrit
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Je n'ai rien contre un héros qui vieillit. Strictement rien. En fait, j'aurais même tendance à trouver ça intéressant d'un point de vue émotionnel et narratif. Il y a tellement de choses à raconter sur le temps qui passe, les illusions perdues, la vitalité qui s'étiole doucement et la lente arrivée d'un hiver sombre et glacé. Il y a un peu de ça, dans cet épisode 4, quand Indy regarde pensivement les photos de Marcus et de son père décédés. Il y avait tellement à dire sur la fin des vieux mystères, quand le monde restait encore à découvrir. La suite du film n'en racontera strictement rien parce qu'on a une scène d'escrime en équilibre sur fond vert avec Shia Labeouf et des macaques à tourner, bordel !

Pfiou, excusez-moi d'avoir rêvé un instant !

J'avais été assez indulgent avec le film, la première fois que je l'avais vu. Ma nouvelle tentative m'aura révélé une vérité que la joie de revoir une icône de mon enfance avait sans doute occulté: Indy 4 est chiant. Mais vraiment. Je pensais avoir vu un film bête et divertissant, mais en fait non, seule l'intro se présente ainsi (j'adore la scène du frigo, j'avoue). Mais à partir du moment où Jones et fils se pointent en Amérique du Sud, le rythme devient à peu près aussi trépidant que le pouls de Michael Jackson. Une tonne de dialogues pour tenter de justifier la recherche d'un vieux fou qu'on ne connait pas et dont on se tamponne éperdument, merci ! Quand l'action reprend le dessus, on a juste droit à la scène de course-poursuite la plus hideuse qu'il m'ait été donné de voir, avec un décor de jungle qui se résume à une bouillie de vert pendant que Shia se bat à l'épée (et que son père pique un roupillon).

Je ne pesterai pas, par contre, comme beaucoup d'autres, sur le délire SF de la fin: on est dans les années 50, les gars, l'ère des pulps d'aventures de la première trilogie est finie, et on est en plein dans le trip d'une nouvelle forme de culture née de la Guerre Froide. La série reste donc bien cohérente avec l'époque qu'elle décrit, rien à dire. Ce sont les deux heures qui précèdent qui me gènent. Un fils imbitable, une Marion qui revient pour ne RIEN dire, un ami traitre absolument pas crédible, une quête basée sur des artefacts tellement mal insérés dans le scénario qu'on n'y croit pas deux secondes, deux-trois détails curieusement semblables au "Retour de la Momie"...

Je crois que je vais en rester au regard mélancolique d'Indy devant la photo de son père (qui s'est sans doute suicidé après avoir lu le script).

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    Avec : Indiana Jones et la Dernière Croisade, Indiana Jones et le Temple maudit, Les Aventuriers de l'arche perdue, Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal

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