Inside the head of Llewyn Davis.

Avis sur Inside Llewyn Davis

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Un musicien fauché lutte pour survivre dans les fin-fond new-yorkais durant les années 60. Ce faux biopic crée par les infatigables COEN est simplement beau. Non pas pour son intérêt historique porté au chanteur Dave Van Ronk mais par le fait d'être un cas similaire à tous ces artistes qui galèrent dans un monde composé de fortes têtes, de concurrents et d'obstacles incessants.
Pourtant, la musique existe bel et bien dans ce film noir. Oscar ISAAC interprète Llewyn Davis, un jeune chanteur et guitariste de Folk jouant entièrement ses chansons destinées au(x) public(s) : l'un est fictionnel et l'autre regarde un écran. Néanmoins, les mélodies chantées par le personnage sont ressenties paisiblement de la même manière, comme si la salle de cinéma où se projette le film serait devenue une salle de concert.
Le film est un vinyl, recueillant certes la musique récente de la folk mais également une balade ancienne au coté du classique réuniant ironiquement Chopin, Mahler, Beethoven et leurs symphonies. Donc, cet oeuvre cinématographique assure la rencontre violente entre des générations, des écarts : par exemple, le producteur Bud Grossman écoute de force le pauvre musicien pour le principe profesionnel et le vieux comédien John Goodman l'insulte en agitant agressivement sa canne.
Ces rencontres existent mais n'existent pas en fin de compte.
Le chauffeur conduisant Llewyn à Chicago (Garrett HEDLUND) ne parle presque pas lors du chemin traversé, ce qui désillusionne positivement le spectateur, s'attendant à une certaine compassion de la part d'un des visages vu par notre chanteur aux traits de chien battu. Par ailleurs, nous ne craignons pas le genre "clip" offert par les cinéastes. L'image laiteuse, presque cotonneuse du chef opérateur Bruno DELBONNEL accompagne la voix criante et harmonieuse de l'acteur et son périple dans l'univers glacial de l'Amérique.
Llewyn n'est pas un héros, il tente d'en devenir un, même dans des situations grotesques relevant d'une gestuelle maladroite propre à Buster KEATON : il pourchasse un chat afin de le rendre à son propriétaire. Il est ambigu dans ses propos tenus à son ex-petite amie Carey MULLIGAN qui le qualifie de bon-à-rien. Il admet même ses erreurs envers son petit neveu innocent qui n'a pourtant rien à voir avec ce que le spectateur et lui, traversent.
Pour cela, le film traite de manière subtile et comique l'insurmontable. On en devient désabusé à chaque évènement malheureux, le demi-sourire aux lèvres.
Nous pouvons croire que ce long-métrage a été récompensé du prix du jury au festival de Cannes pour sa claque émotionelle et répètitive : le public n'obtient pas ce qu'il souhaite au chanteur et ce dernier non plus. Tout cela accompagné desespèrement et magistralement par la bande-son musicale.

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