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Interstellar par LuluCiné

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Chat échaudé craint l'eau froide, je n'ai donc pas attendu pour aller voir le film qui buzz, buzzz et buzzzz... Mais fort heureusement je suis passée à travers les mailles du filet : coupant la télé à chaque référence, refusant la bande annonce alors plongée dans le noir d'une salle de cinéma (et il m'en a fallut pour me couper du son et m'introduire dans mon subconscient pour fermer les écoutilles). Mais bingo, voilà que ça a payé, je ne sais pratiquement rien du film, à part qu'on va dans l'espace avec Matthew McConaughey, et c'est déjà gros.
Je n'attendait pas spécialement Nolan au tournant, convaincue aussi bien par son talent que par ses défauts, il ne réussit d'ailleurs pas à s'en défaire, mais soit le film est une réelle réussite aussi bien sur la conquête de l'espace que sur l'humanité.
Soulageons nous tout de suite de la performance,mais-qu'on-savait-déjà-majestueuse, de McConaughey, pour nous attarder sur un scénario aux multiples facettes alliant une mise en scène grandiose :
Il est évident que 2001 L'Odyssée de l'Espace est une référence pour créer Interstellar, mais on y retrouve aussi d'autres films moins côtés mais tout autant salvateurs pour Nolan (j'ai pour ma part beaucoup pensé à Contact) qui n'hésite pas à appuyer l'hommage sans pour autant faire preuve de pâle copie.
Avec son grain vintage, et son refus d'une technologie abondante, le film reste dans un espace temps relativement flou au départ (du moins pour ceux qui n'avaient aucune clé sur le film, tel fut mon cas), mais clairement imprégné des année 70 à 80. La conquête de l'espace est donc ici remise en valeur pour sa cause, beaucoup plus que pour son clinquant. Oubliez l'ordinateur puissant et le blanc luxueux de la navette spatiale, même le robot a un côté vintage cubique assez perturbant voir monolithique ; le film axe son objectif sur l'humanité et la sauvegarde de celle-ci, plus que sur la recherche de scientifiques trop centrés sur eux-même (je ne vise personne en disant cela).
Si on pense à Gravity (pourtant pas dans les références du réalisateur qui ne l'avait pas vu au moment du tournage), c'est surtout parce que Nolan, comme Cuaron, redonne ses lettres de noblesse au film de genre science-fiction, trop souvent boudé.
Interstellar n'est pas un film sur l'espace, les plans sont souvent très serrés, ou partageant l'espace avec un humain ; on est ici plus dans une conquête galactique qui intrigue par sa notion de sacrifice, plus qu'un film d'action éprouvant où Sandra Bullock affrontait les éléments.
Le film a pourtant quelques défauts, dû à Nolan et son bavardage incessant. Il ne cesse de tout nous expliquer, tirant sur beaucoup de théories en même temps et laissant parfois des zones flous pour le simple spectateur qui tente de comprendre l'enjeu sous ses yeux. Que je vous rassure ce n'est qu'à très petite échelle, le film est très compréhensible, comme le veut le réalisateur, mais m'a parfois laissé dans le doute sur certains points.
Je ne suis d'ailleurs pas fan d'un des messages du film, très américain, d'un amour infini, question de point de vue (j'aime, je n'ai pas d'enfant, mais l'amour est un concept plus intime que ce qu'on veut nous faire croire, en d'autre terme chacun le vit à sa manière).
Pour autant Interstellar arrive à éviter l'écueil lourd de ce message pour arriver à plus de pragmatisme.
On peut aussi regretter le côté vite fait bien fait qui s'accumule dans les plans, laissant moins de place à l'émotion (au début en tout cas), ou qui pêche carrément quand il s'agit de creuser plus un invité mystère ; Par contre ce côté rapide est aussi habile puisque le film ne traîne jamais en longueur, et évite des plans inutiles, tendant vers l'efficacité de la mise en scène.
Enfin Hans Zimmer a su adoucir sa musique pour laisser paraître l'aérien, il reste tout de même adepte de l'émotion pour sublimer un plan, pas toujours réussi mais qui sait rendre sa musique persistante une fois le film fini. Sans oublier que le son s'arrête quand on est dans l'espace, logique.
La logique, que j'affectionne particulièrement, lâche prise quand il s'agit d'espace temps aussi complexe qu'un trou noir, pour mieux accepter de multiples dimensions.
On adhère donc à la conquête spatiale, sans oublier les enjeux toujours présents sur Terre.
Christopher Nolan a, on le sent, voulut créer son film d'enfance, reprenant les enjeux d'un Spielberg (la relation père/fille) allié à la puissance énigmatique d'un Kubrick, tout en restant fidèle à lui même (ce qui malheureusement n'est pas le cas d'un J.J Abraham trop effacé dans l'hommage). Il arrive donc à remettre le genre au goût du jour, sans pour autant apporter une vision futuriste élitiste, et qui relance la conquête de l'espace dans la noble cause qu'est la survie de l'espèce.

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