Il faut souvent se pincer le nez avant de regarder des adaptations en prises de vues réelles d'anime ou de manga, car leur gros défaut est souvent de copier à l'identique, et ça ne fonctionne pour ainsi dire quasiment pas. Autant dire qu'on redoutait le pire, mais pour ses débuts dans la production japonaise, Warner a su mettre les moyens et surtout, ce qui est le plus fort, proposer un film respectueux de l’œuvre car il n'oublie pas qu'on a affaire à un film.
Le film raconte comment un assassin, Kenshin Himura dit Battosai, décide de ne plus jamais tuer, et pour ce faire, dispose uniquement d'un sabre à lame inversée, empêchant d'ôter la vie. Il va rencontrer une jeune femme propriétaire d'un dojo, Kaoru, et décider de vivre de la façon la plus normale possible. Sauf que les adversaires d'hier sont toujours là...
Il est vrai que le film parlera beaucoup plus aux connaisseurs du manga original de Nobuhiro Watsuki et son adaptation animée (dont les sublimes O.A.V.), mais le réalisateur a fait le choix d'éviter les parties humoristiques de Kenshin, avec ses fameux Oyo, et il en fait quelqu'un de taiseux et de doux, qui cache cependant une grande colère.
Ici, ça reste plutôt sérieux, et ça adapte le début du manga, tout en faisant quelques aménagements, dont le passé de Kenshin qui est présenté dès le flashback inaugural. Mais dans l'ensemble, c'est très fidèle, jusqu'au look des acteurs.
Pour le personnage principal, le choix a été porté sur Takeru Satoh, qui représente exactement l'idée qu'on peut se faire d'un personnage censé être frêle, mais avec une grande habileté au sabre. Les interprètes de Kaoru et Sannosuke sont aussi bien choisis. Je regrette juste que le grand méchant, joué par Teruyuki Kagawa, soit aussi caricatural en en faisant des tonnes, alors que l'ensemble de l'interprétation est très juste, sans en rajouter.
Quant à la mise en scène, nous sommes là dans un film de sabres moderne avec pas mal de câbles, mais ça reste très efficace, et la violence n'a pas été limitée, car nombreuses sont les gerbes de sang que les personnages gardent sur leurs tenues souillées.
La surprise du film est d'autant plus grande que la plupart des œuvres tirées de mangas sont catastrophiques, et c'est une grande réussite, couronnée de succès au Japon à sa sortie.