Un film d'aventures culte orchestré par Michael Curtiz avec Errol Flynn. Voyages voyages...

Avis sur L'Aigle des mers

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Lorsque l'aigle des mers et l'albatros se rencontrent dans le ciel du détroit de Magellan, les vagues monstrueuses du passage de Drake rugissent à leur manière... Pour les mouettes restées à quelques embardées, il s'agit d'un spectacle à la démesure totale. Pour leur neuvième collaboration, Errol Flynn et Michael Curtiz tutoient des sommets d'élégance. Passé le tumultueux "Capitaine Blood" et la grandiloquence des "Aventures de Robin des bois", "L'aigle des mers" (1940) se situe dans la plus pure tradition des films d'aventures, un genre tombé depuis quelques années dans l'oubli. Il manque à cette flamboyante épopée un Technicolor trichrome magistral mais le N&B utilisé par le réalisateur nous permet d'en saisir toutes les nuances que ce soit sur les ombres portées (tel le magnifique duel final auquel le réalisateur des "Conquérants" apporte tout son savoir-faire) ou l'écrasant soleil de la jungle de Panama (comment ne pas se cacher les yeux sous ces lumières aveuglantes ?). Pour "L'aigle des mers", le scénario allié à la mise en scène ne permet aucun temps mort. D'autant que l'interprète sherwoodien apporte ici tout son tonus. Tout comme le casting irrévérencieux qui s'est glissé à ses côtés (j'y reviendrai). De même, la musique d'Erich Wolfgang Korngold, l'atout charme du film, accompagne les aventures flynnesques de manière à enjoliver et rendre heureux le tout. Surprenante, parfois mystérieuse, langoureuse ou telle un opéra rock et lyrique, les notes du compositeur du "Vaisseau fantôme" font indéniablement partie de l'apanage de "L'aigle des mers". Ainsi kitschement possible, Korngold coordonne les gestes d'Errol le magnifique pour notre plus grand bonheur. Sans aucune marque de violence accrue ou appuyée comme l'aurait fait Tarantino ou Scorsese, Michael Curtiz cultive ce film d'aventures sous le joug de l'humour sans jamais tomber dans le vulgaire. Le metteur en scène oscarisé de "Casablanca" nous embarque avec le voleur de mer Errol Flynn pour mieux nous embaumer de sa chaleur, de sa convivialité non sans nous conter une histoire, celle de l'écumeur de mer (Monsieur de Havilland à la ville) qui, sous les ordres de la reine d'Angleterre, reçoit l'ordre de piller le monde de la richesse espagnole quitte à convoler... au Panama ! L'autre partie du casting flamboyant est constituée de l'infatigable Claude Rains ("Mr Smith au sénat", "Casablanca" encore de Curtiz, "Le crime était presque parfait"...) appuyé du machiavélique Henry Daniell ("Le dictateur", "Les comancheros", toujours du même Curtiz) du côté des méchants, la très jolie Brenda Marshall (alors débutante et préférée à l'actrice de "Gone with the wind") ainsi que Flora Robson ("Frontière chinoise"...), charismatique à souhait, dans le rôle de la reine Elisabeth. Avec aussi Alan Hale, autre figure des 30's-40's : "New York-Miami", "L'homme au masque de fer", "La vallée de la peur"... . Pour conclure, "L'aigle des mers" (1940) se doit d'être vu pour tout fan du genre. De 7 à 77 ans. Film culte pour ma part. Spectateurs, faisons nous e(nr)roler fl(y)innement pour un voyage sans retour !

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