Seconde adaptation du célèbre roman de D.H. Lawrence après celle de Marc Allégret en 1955, avec Danièle Darrieux, forcément soft et qui n'a laissé qu'un souvenir relatif, cette version trahit tout autant l'auteur en réduisant l'intrigue à sa seule anecdote qui est celle d'une jeune châtelaine mariée à un lord paralysé qui découvre les frissons de l'amour dans les bras du garde-chasse. Ainsi mise à plat, l'intrigue du roman devient une simple histoire d'adultère campagnard.
Mais il ne fallait pas attendre autre chose de la part du réalisateur de Emmanuelle, Histoire d'O et Madame Claude ; cependant, plutôt que de se vautrer sans vergogne dans une débauche fornicatrice, il a certes édulcoré le roman qui était plus cru par son dialogue et surtout choquait par sa différence de classe sociale, mais a cherché avec son scénariste à développer le caractère moderne et le cheminement intérieur de Lady Chatterley, en s'appuyant sur la première version du roman qui est la plus pure et la plus spontanée, d'où un aspect social et rural bien décrits.
Quant aux scènes d'amour, elles sont plutôt platement montrées, sans côté trop brûlant, il faut passer la censure, c'est donc du nu artistique bien léché, de même que Jaeckin cherche la belle image, le décor anglais soigné et filme avec application la brume dans le parc du château ou la pluie ruisselant sur le corps nu de Sylvia Kristel, le tout accompagné par une musique romantique adéquate. Le couple d'amants pris par la fièvre des sens est plutôt convaincant, même si Nicholas Clay n'est pas aussi rustre qu'il le devrait.