Un joli papillon.

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Tout d'abord, coup de gueule contre le titre français, qui est quasiment un contre-sens, car il suggère que le personnage masculin aurait des pulsions sexuelles envers sa captive. Mais ça n'est pas du tout ça, car il est présenté comme quelqu'un qui a presque peur des femmes, qui les craint, mais il est plus juste de revenir au titre original, The collector, qui revient à la passion première du jeune homme, à savoir collectionner les papillons, et c'est aussi une métaphore sur sa nouvelle prise, une jeune femme dont il est amoureux, et qu'il va séquestrer dans une maison éloignée achetée grâce à un loto.

Le film est très impressionnant, pour plusieurs raisons ; déjà, c'est réalisé par un vieux routard des studios, William Wyler, qui est passé par de grosses machines (Ben-Hur en tête), et qui se retrouve ici dans un quasi huis-clos, mais dont l'action reste constamment passionnante.
C'est également dû aux deux acteurs, Terrence Stamp et Samantha Eggar qui, pour leurs débuts, font une entrée en fanfare avec des rôles plus subtils que le simple bourreau qui tient la prisonnière. Le script est vraiment intelligent, on pense parfois au syndrome de Stockholm, et le rapport de force n'est pas toujours celui que l'on croit.
Le dispositif rappelle un peu Le limier, dans le sens où c'est à 90 % deux acteurs, dans un endroit unique (la maison), et c'est constamment sur le ton du combat verbal. On n'est pas non dans les sommets du film de Mankiewicz, mais il y a quelque chose de haletant qui s'en dégage. Quant à la fin, elle est inespérée pour un film de studio.

Pour un de ses derniers films, Wyler signe quelque chose de très fort, dont je ne pensais être accroché à ce point ; c'est aussi dû à ces deux acteurs prodigieux (25 ans chacun à l'époque du tournage), justement récompensés à Cannes !

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