Deuxième passage derrière la caméra après Le Jouet pour le scénariste Francis Veber qui retrouve Pierre Richard dans la peau de son personnage fétiche de François Perrin. Cette fois-ci, l'homme le plus malchanceux de tous les temps va s'associer à un privé bourru (Gérard Depardieu) afin de retrouver la fille d'un puissant PDG français, disparue au Mexique. Elle-même suivie par la poisse, le psychologue d'entreprise du PDG va avoir l'idée de joindre au privé professionnel notre François Perrin, véritable aimant à emmerdes, pour suivre les indices laissés par la jeune fille...
Buddy movie de premier ordre (on pourrait même associer le genre à la création de ce film), La Chèvre est une comédie d'aventures française des plus hilarantes, portée par nos deux héros que tout oppose à travers une série de catastrophes générées par notre malchanceux. Sûr de lui, totalement à l'ouest et peu conscient de toute l'infortune qui lui tombe systématiquement dessus, Perrin va provoquer une tonne de misères à son acolyte de fortune, Campana, d'abord peu crédule quant à la malchance mais peu à peu désespéré de constater que le psychologue disait vrai.
Ainsi, il va devoir secourir maintes et maintes fois son associé, le tirant aussi bien des pattes de brigands que d'un gorille en pleine jungle. Pierre Richard est ici comme un poisson dans l'eau dans la peau de ce personnage qu'il connaît désormais comme les doigts de la main, accumulant des bourdes sans nom pour notre plus grand plaisir. Les catastrophes que commet inconsciemment son personnage sont d'une puissance hilarante et Veber, jamais à court d'idées, ne se limite en aucun cas dans ce domaine, au plus grand dam de Campana, le pauvre aventurier en prenant parfois lui aussi plein la gueule. Ainsi, premier volet d'une trilogie mémorable, La Chèvre est d'une efficacité sans pareille, une comédie culte qui reste encore aujourd'hui impérissable et dont on ne se lassera jamais.