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Invisible war

Avis sur La Mécanique de l'ombre

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Après avoir réalisé en 2013 Rétention, Thomas Kruithof s'entoure d'acteurs de renom pour son premier long : un thriller paranoïaque sur fond de jeux de pouvoirs dans les hautes sphères.

On est placé aux côtés de Duval, quinquagénaire au chômage, approché par une société privée pour mettre à profit ses talents de dactylographe dans la retranscription d'écoutes.
On découvre son quotidien avant cette offre ( sa lutte contre son addiction à l'alcool, sa solitude,…) puis sa nouvelle routine et les bénéfices qu'elle apporte. On se familiarise ainsi rapidement avec cet homme solitaire se reprenant en main grâce à ses séances aux Alcooliques Anonymes et l'opportunité que lui offre son nouveau travail.
Une fois les bases posées, l'auteur amorce le cœur du récit par petites touches en introduisant des éléments perturbateurs dans une routine réglée au millimètre. Ces différents changements permettent de créer une tension latente, on la voit ainsi arriver tout en redoutant le moment de l'implosion.

On est vite happé par cet univers. L'auteur rythme intelligemment son récit en redéfinissant les enjeux aux travers des écoutes de Duval. De même, en se plaçant uniquement du point de vu de ce dernier, on finit par être contaminé par sa paranoïa grandissante ce qui permet de créer une atmosphère tendue.
La réalisation participe à la création de ce sentiment d’oppression. En effet, les plans sont souvent courts donnants ainsi une certaine dynamique, même lors de situations très figées telles que les séances de dactylographie, et permet de donner un rythme cadencé à l'ensemble. De ce fait, lorsqu'un plan s'étire cela décuple la sensation d'un danger immédiat.

Évidemment tout tomberait à l'eau sans la présence d'acteurs talentueux.
Retrouver François Cluzet dans un film de ce registre est un vrai plaisir. Il incarne parfaitement cet homme lambda entrainé dans une guerre qui le dépasse.
Denis Podalydés est tétanisant de par son attitude froide et calculateur. Il permet de rendre son personnage menaçant sans avoir à faire de démonstration de force.
Sami Bouajila est quant à lui un habitué de ce type de production. On le sent à son aise dans le rôle du policier froid et calculateur.
Nous avons enfin, Simon Abkarian pour compléter ce quatuor de choc. L'homme, endossant souvent des seconds rôles, est parfait dans celui de compagnon de fortune Duval.
Les relations entre ces quatre hommes fonctionnent parfaitement contribuant à rendre crédibles le récit et l’empathie ressentie quant au sort de chacun. Une alchimie essentielle pour une immersion totale dans ce récit machiavélique.

L’œuvre n'est certes pas exempte de défauts, mais est suffisamment dynamique et bien emballé pour ne pas en tenir rigueur. Ainsi même si les réelles motivations d'un des protagonistes, ainsi que son sort final, sont prévisibles, on se laisse porter par l'auteur afin de voir si nos suppositions sont bonnes. De plus, l'ensemble est parfaitement mis en scène et visuellement travaillé pour apprécier chaque instant.

La mécanique de l'ombre réussit donc à nous tenir en haleine de bout en bout. Sa durée permet notamment d'aller à l'essentiel et éviter tout moment propice à une baisse de régime. Pour un premier long-métrage, Thomas Kruithof frappe fort. En attendant ses prochains projets, son baptême du feu a de quoi consumer notre rétine pendant un moment.

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