Jake Gyllenhaal nous met au tapis

Avis sur La Rage au ventre

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La rage au ventre n’est pas un film qui sort des sentiers battus. Rigoureusement conventionnel, il narre une descente aux enfers classique d’un boxeur comme il en a déjà été raconté maintes et maintes fois (Saga Rocky, Hurricane Carter, Million Dollar Baby ou encore Fighter pour ne citer qu’eux). Il faut dire que le sport en question se prête bien à ce genre d’intrigue. Univers impitoyable peuplé de requins appâtés par les torrents de billets que génèrent les paris sportifs, ce sport fourmille de péripéties dramatiques de la sorte.

Dans ce contexte, difficile d’être original et de surcroît convaincant. Alors qu’est-ce qui peut bien pousser un spectateur averti d’aller voir un énième drame sportif tournant autour de la vie d’un boxeur ? Pour ma part, deux facteurs ont titillé ma curiosité. D’une part le casting alléchant à souhait – Jake Gyllenhaal en pole – et d’autre part la bande originale signée Eminem.

Les deux paramètres ayant suscité mon attente ont pleinement été satisfaisants. Rien que pour la performance de l’acteur californien au nom qu’il est impossible de ne pas écorcher, le film vaut le détour. Ayant déjà donné de sa personne fin 2014 dans le génialissime thriller Night Call, Jake renouvèle pareille prouesse artistique mais également physique – que ce soit dans la prise de masse ou dans l’apprentissage d’un sport plus qu’exigeant – en ne faisant qu’un avec son personnage. Passant d’un squelettique sociopathe dans le premier long-métrage de Dan Gilroy à un puissant et musculeux boxeur déchaîné par les vissicitudes de la vie, Gyllenhaal ne peut que cotoyer les sommets et un Oscar du meilleur acteur ne serait pas immérité tant il est bluffant.

Face à cette leçon d’acting, les prestations de Rachel McAdams ou Naomie Harris – autres noms ronflants apparaissant au casting – font assez pâle figure. Seul Forest Whitaker, dans le rôle de mentor / entraîneur intransigeant à la manière d’un Eastwood dans Million Dollar Baby, parvient à tirer son épingle du jeu même si la jeune Oona Laurence s’en sort bien également en petite fille tristement délaissée du fait de la passion envahissante et périlleuse de son père. Curtis Jackson aka 50 cent, quant à lui, complète un casting de haute volée en faisant ce qu’il sait faire de mieux : l’homme d’affaire véreux, aficionados de tout ce qui est bling bling. Un rôle qui lui sied si bien mais qui ne requière pas nécessairement un talent particulier.

Concernant la bande originale produite par Slim Shady, celle-ci s’accomode parfaitement à l’ambiance du film. Un film énervé nécessitait une bande son énervée – tout du moins pour certains passages – et en termes d’énervement, le rappeur de Détroit en connaît un rayon. Son titre – Phenomenal – rythme parfaitement la dureté et la rigueur de l’entraînement effectué par Billy Hope. Par ailleurs, Eminem a fait la part belle à la jeunesse montante (Joey Badass, The Weeknd) tout en plaçant ses potos et labels (Royce da 5’9, 50 cent, Slaughterhouse) sans oublier les classiques (Notorious B.I.G) pour un rendu en totale adéquation avec l’esprit du film d’Antoine Fuqua.

Pour conclure, classique dans sa trame scénaristique, Southpaw est tout entier porté par l’incroyable performance de son acteur principal évoluant sous un flot de sonorités particulièrement bien choisies par le King du rap américain.

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