Portée par une Emma Thompson impériale et déchaînée, cette comédie intelligente est un réel délice.

Avis sur Late Night

Avatar Rémy Fiers
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On n’est clairement pas devant le film du siècle mais bon sang que cette petite comédie est réussie, pleine de punch et plaisante. De prime abord, le contexte des émissions de fin de soirées à l’américaine, les fameux talk-shows, pourrait sembler peu intéressant pour les français. Mais comme de plus en plus notre télévision tend à s’aligner sur la cousine d’outre-Atlantique et que la manière dont la réalisatrice de « Late Night » nous fait partager cette immersion s’avère intéressante, notre intérêt est clairement suscité et récompensé. Et le sujet ne laisse jamais le spectateur étranger à cet univers de côté. De plus on a le droit en filigrane à une micro-analyse du monde du spectacle et quelques petits coups de griffes bien sentis assénés contre Hollywood qui sont vraiment dans l’air du temps, notamment sur la place de la femme dans l’industrie à l’heure de #metoo. Alors c’est certes à la mode en ce moment d’être féministe mais quand c’est fait par des femmes, de manière sincère et surtout avec finesse comme ici, cela passe crème.

Le gros plus du long-métrage est sans conteste l’abattage exceptionnel d’une Emma Thompson proprement déchaînée. Souvent cantonnée récemment dans des seconds rôles de blockbusters ou des rôles à teneur dramatique, elle est ici décapante dans une comédie et fait preuve d’un talent comique insoupçonné. Elle irradie l’écran et sa composition d’une femme de poigne rigide qui va devoir s’adoucir pour garder son poste est magistrale. Il y a des airs de Meryl Streep dans « Le Diable s’habille en Prada ». Et les scénaristes l’ont gâtée en lui mettant en bouche des répliques en or massif. De succulents dialogues pour un film écrit avec soin si l’on omet sa trame principale classique qui suit peu ou prou celle d’une comédie romantique quelconque avec le même schéma émotionnel.

On rit des situations et des humiliations jamais exagérées vécue par le personnage de Mindy Kaling, plus en retrait mais très bien écrit également. Productrice du film, elle laisse le champ libre à sa partenaire à raison. Ce n’est jamais lourd dans l’humour et tout semble réaliste et juste, même le mea-culpa final semble raisonner avec certains faits d’actualité qui voit des personnalités publiques devoir s’expliquer de leur vie privée en raison d’un certain puritanisme américain. Le sujet des minorités dans les entreprises est également abordé avec tact. Seul le happy-end final est attendu mais dans le cadre d’une comédie et pour un film qui dégage autant de bonne humeur le contraire eut été étonnant. « Late Night » est frais, « Late Night » est rythmé, « Late Night » est impertinent, « Late Night » est clairvoyant, « Late Night » est délicieux, … En somme « Late Night » est un véritable moment de plaisir et une découverte à côté de laquelle il serait dommage de passer.

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