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De son accueil très mitigé au dernier festival de Cannes jusqu'à sa sortie en salles où là, tout le monde se lâche, critiques comme public, Le Bon Gros Géant est sans aucun doute le Steven Spielberg le plus malaimé depuis Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal (2008), rejoignant également Amistad (1997), Hook (1991) et 1941 (1979) dans la liste de ses (rares) bourdes. On va encore me dire que j'aime trop tonton Steven pour être honnête, mais je dois dire qu'aussi moyen qu'il est, son BGG ne mérite tout de même pas autant de haine.

Rassurez-vous, je ne vais pas dire qu'il faut être indulgent avec Le BGG sous le seul prétexte qu'il est un film pour enfants. Primo parce que ce n'est pas parce qu'un film est dédié au jeune public qu'il faut le faire par-dessus la jambe (même si, dans le domaine des dessins animés, seul Pixar semble avoir assimilé cette donnée de base), et deuxio parce que s'il n'est qu'un film pour enfants, Le BGG est indéniablement trop long. Captiver un public enfantin me semble extrêmement difficile sur une durée de près de deux heures (et encore, le film a été raccourci depuis son passage cannois), encore plus si en l'occurence, ces deux heures sont difficilement supportables pour des adultes ! Tonton Steven semble ici avoir totalement perdu son sens du rythme car, passée une première heure où on se demande où il veut nous emmener avec cette histoire, on passe la seconde à vouloir passer à la séquence suivante plus vite que lui.

Pour le reste, même si sa direction artistique est très faiblarde, se limitant à l'esthétique curieusement proche de Jack, le chasseur de géants de Bryan Singer (l'admirateur de Jaws doit être ravi de se faire plagier par son maître !), même si John Williams semble fatigué derrière sa baguette de maestro, filant le score des Aventures de Tintin sans trop se fouler, même si l'univers de Roald Dahl, heureusement très riche, est adapté assez scolairement, Le BGG reste un film sympa par plusieurs aspects. Grâce à ses interprètes : la jeune Ruby Barnhill n'est absolument pas tête à claques, et Mark Rylance est tout simplement magistral, comme si Spielberg n'avait accepté de faire le film que pour retravailler avec lui (donc pour ceux qui se demandent pourquoi il s'est engagé...) ! De plus, comme les séquences sont toutes étirées jusqu'à qu'on soit bien installé dedans, autant trouver celles qui sont indéniablement réussies : tout ce qui concerne les rêves - leur capture près de l'arbre, leur façonnage dans l'atelier, puis le géant qui les souffle aux fenêtres - est réussi et très beau, contenant tout l'émerveillement du film et la virtuosité habituelle de Spielberg. Figurez-vous que j'ai aussi beaucoup aimé le déjeuner royal à Buckingham Palace, séquence particulièrement décriée : les pets me font rire, mais plus encore la façon dont le protocole s'adapte tant bien que mal à la taille de l'invité de la reine.

Si effectivement Le BGG est d'ores et déjà l'un des titres les plus faibles de tonton Steven, pour moi il n'est pas non plus honteux. Certes, le réalisateur d'ET et sa regrettée scénariste Melissa Mathison sont devenus un peu gâteux et échouent cette fois à convaincre les enfants, non seulement les vrais mais aussi ceux qui restent dans l'âme de leurs parents. Pour autant, je pense finalement qu'encore une fois, on s'acharne sur Spielberg sur ce faux pas essentiellement parce qu'on aura plus tant d'occasions de le faire, le "meilleur réal du monde" (je mets des guillemets parce que ça n'engage que moi) se plantant assez peu de fois et étant de plus en plus respecté. Tant pis si je passe pour le fan parano croyant que tout le monde veut brûler son idole mais bon, je pense quand même que si Le BGG, malgré ses très nombreux défauts, reste digeste, c'est bien parce que tonton Steven reste quoiqu'il arrive un virtuose !

Et puis je finirai sur la séquence la plus hallucinante du film, non pas par sa qualité - très discutable - mais bien par son contenu : celle du raid militaire au pays des géants. Là, c'est comme si le soldat Ryan s'incrustait carrément dans Hook ! On savait Spielberg tout à fait capable du grand écart (n'oublions pas son incroyable exploit de 1993 : réaliser Jurassic Park et La Liste de Schindler la même année !), mais dans une seule séquence, c'est vraiment troublant ! Comme si Spielberg s'était trop coltiné de guerre et de cruauté ces dernières années pour retrouver son âme d'enfant indemne...

BastienMarie
5
Écrit par

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