Le Mépris: De la branlette mal filmée

Avis sur Le Mépris

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26eme film de l'année, et on continue la rétrospective portant sur la Nouvelle vague et je peux le dire sans peine, c'est celui qui m'a le plus rebuté et de très loin.

Synopsis: Paul et Camille semblent former un couple uni. Alors que Paul est approché par un producteur américain pour écrire un film, un incident apparemment anodin avec ce dernier va conduire la jeune femme à mépriser son mari.

Franchement, le film ne raconte rien et ne doit son succès qu'à la plastique avantageuse de sa pin-up de service filmée nue/dévêtue -en particulier son cul- au moins les 3/4 du temps. C’est dit.

L’intrigue est franchement poussive au possible et je suis désolé mais voir Piccoli se demander pendant une heure: s'il doit aller ou non à Capri ? Pourquoi le sex symbol français ne l’aime plus ? Pendant que cette dernière est foutue à poil à la première occasion (gros plan fessier évidemment) et de façon répétée dans une cadence régulière tel une horloge durant tout le métrage– pour contrer au fur et à mesure la perte d’intérêt grandissante du spectateur-, c’est tout sauf quelque chose de recherché selon moi.

Si je devais être méchant, je dirais que tous les très nombreux plans interminables sur le cul de Bardot sont en fait pour cacher sa faiblesse abyssale d’interprétation tant celle-ci est apathique, neurasthénique, avec un visage dénué d’expression ne dégageant ainsi rien d’autre qu’un profond néant de désincarnation humaine que certains pourraient confondre à force avec une forme de magnétisme mystique.

D’ailleurs, ce personnage de pseudo femme-enfant boudeuse ultra sexualisée et ingénue est pour moi l’antithèse total d’un rôle profond. Si c’est pour vous ce que doit représenter la femme idéale ou même une partition féminine de haut vol dans un film audacieux, sachez que ce n’est absolument pas mon cas.

Les autres rôles étant aussi monodimensionnels et sans profondeurs, tout le monde joue faux ou de façon extrêmement surjoué rendant le tout assez pauvre (Piccoli étant le moins pire).

Concrètement, j’ai juste eu l’impression de voir un film d’un auteur se croyant suffisamment important auprès de l’intelligentsia parisienne -qui serait prêt à le défendre corps et âme pour n’importe quoi- pour ne pas soigner sa direction d’acting, ne pas plus étoffer les personnages quand il a adapté le roman en film ni même fournir quelque effort que cela soit au niveau technique et narratif.

La technique parlons-en, j’ai rarement vu des images aussi dégueulasses, particulièrement en extérieur (j'invite d'ailleurs les gens à revoir avec un œil neuf les images pour contempler le problème).

Sachant que cela ne s’explique absolument pas par la relative vieillesse du film car au sein même de celui-ci, il y a des plans/séquences en extérieur tout à faire standards puis on passe -sans aucune justification artistique- à des plans surexposés de fou ou encore avec un grain digne d’un 144p sur Youtube - à cause certainement à un changement de caméra ou focale n’ayant pas la même résolution que la première.

D’ailleurs, certaines séquences cutées à la truelle et coupées tellement abruptement que je me suis dit à un moment qu’il ne devait surement plus avoir de bobines de film.

Au niveau sonore, là aussi, c’est pareil, la moitié des dialogues sont inaudibles, je le dis clairement, cela ressemble à un travail d’amateur et cela ne se justifie pas par le « avant c’était plus difficile à gérer le son ».

Dans « les 400 coups » ou encore dans « A bout de souffle » (de biens meilleurs propositions artistiques à mon humble avis), jamais il n’y a eu autant de problèmes de ce genre.

Cela allait d’une saturation des micros, de micros trop loin ne captant que peu les dires des acteurs, la piste sonore coupée abruptement de façon volontaire ou encore dialogue inaudible à cause de la partition musicale intempestive beaucoup trop forte pour entendre quoique ce soit derrière et qui a en plus le désavantage d’être usée jusqu’à la corde par Godard l’a rendant complètement indigeste et absolument non impactante, tant elle est utilisée pour tout et rien.

N’ayant rien à foutre de sa narration et de son tempo, de ses acteurs, de l’histoire même qu’il raconte (trop de sujet sont non abordés ou superficiellement) de sa photographie, et encore moins de son son, j'ai la désagréable impression que Godard méprise in fine totalement le spectateur et tant qu’il a fait son film, c’est bien le principal pour lui. Lui se rêvant fin révolutionnaire contestataire.

Allez, quitte à être à contre courant de la pensée générale et en suivant son exemple, je dirais même ceci: Son succès n'a été fait auprès du grand public grâce à une affiche de pin up toute nue, une réplique : «tu les trouves belles mes fesses?», une avalanche de plans d'elle toute nue (avec sa fameuse choucroute ^^) et d'un soutien sans faille d'une intelligentsia parisienne par snobisme ou culte de l’irrévérencieux (ce qui était novateur et provocateur pour l’époque) et ayant une certaine volonté à se rincer l’œil.

Après ce genre de critique, je m’attends à une montagne de reproches mais en tout cas, ce qui est sûr, c’est que je n’ai pas aimé le métrage et il ne mérite selon moi absolument pas ce concert de louanges que l’on lui dresse depuis tant d’années.

A éviter sauf pour se rincer l’œil et si vous êtes fans du genre.

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