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Le Musée des merveilles par JimAriz

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Lorsque la promesse est si haute et le résultat si bas, la chute se fait sentir. C’est donc d’un douloureux et triste souvenir que j’évoque ici Le Musée des merveilles. La promesse d’abord vient principalement du nom de Todd Haynes qui a réalisé le plus beau film de l’an passé avec Carol. Elle vient aussi du pitch mystérieux, celui d’un lien entre deux enfants sourds venus de deux époques différentes, les fastueuses années 20 et 70. Puis vient la chute, inexorablement, dès les toutes premières minutes : ça ne marche pas, on ne rentre jamais dedans et on sait déjà que ça ne fonctionnera jamais. Alors commencent les deux très longues heures du triste spectacle de l’effondrement d’une belle promesse.

Haynes fait d’incessants allers retours comme un miroir entre deux époques et deux trajectoires similaires de deux enfants sourds errant dans les rues de New-York à la recherche de leur géniteur. Le film joue sur l’alternance entre film muet en noir & blanc et le film aux couleurs pétantes des années 70. Si cela peut nous amuser au début, après deux vas et vient, ça tourne clairement en boucle et le film n'offre finalement pas d'autres alternative. Il tourne en rond et se clôt sur lui-même.

Le problème c’est que tout manque de subtilité dans ce film de Todd Haynes, lui qui avait fait de la subtilité le maître mot de son précédent chef d’œuvre Carol. On sait d’avance que les trajectoires des deux enfants sont identiques et qu’elles finiront par être reliées. C’est attendu et pourtant ça s’étire, laissant une grande place à l’ennuie. Le film fourmille pourtant de grandes idées comme celle de la maquette géante de New-York sur laquelle les personnages enjambent les ponts et prennent de la hauteur sur leur errance du début. Malheureusement cette bonne idée est supplanté par une autre idée, plus mauvaise celle-ci, celle de la révélation tant attendue (dans le mauvais sens du terme) écrite sur un bout de papier par Julianne Moore. Pensant sans doute nous surprendre, Haynes se loupe et rend sa scène construite come un paroxysme émotionnel un petit peu embarrassante.

De manière générale, les bonnes idées ne se concrétisent jamais et sont sans cesses gâchées par des faiblesses de scénarios ou de mise en scène, voir le passage gênant où nouvel ami de Ben qui se cache tantôt derrière un arbre, tantôt derrière une voiture, tantôt derrière un muret pour suivre son ami. C’est malheureusement et cruellement ridicule pour un film qu’aurait adorer aimer.

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