Ceylan notre philosophe du cinéma.

Avis sur Le Poirier sauvage

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Là encore -après le suuubblimme “Winter sleep”- Nuri Bilge Ceylan nous livre une oeuvre foisonnante, multiple et enrichissante, puisqu’elle est faite de générosité.

Sinan a terminé ses études brillamment, il rentre au village, rempli du fol espoir de publier son livre “Le poirier sauvage”. Las, son père est un inconséquent incurable, sa mère vaillante, résiste encore, jusqu’à quand ?…
Lors donc, Sinan va chercher quelque argent auprès de gens parfois inattendus.

Ce sera pour le réalisateur prétexte à rencontres et à discussions, révélant par là même les philosophies des uns et des autres, leurs contradictions parfois et aussi quelques convictions. Sinan, lui, se révélant tout de même sacrément misanthrope, s’adoucira quelque peu, au long de ce chemin, de ces promenades (il marche beaucoup à travers cette campagne turque). Nous aussi, sommes de ces balades, et de ces discussions, tout assis que nous sommes dans notre fauteuil de cinéma; Bilge Ceylan nous prend gentiment mais surtout intelligemment.

Ce film a cette générosité de nous rendre, pour un instant, un peu plus intelligent. Mais pas seulement, puisque le cinéma c’est d’abord de l’image et Nuri Bige Ceylan nous donne à voir du beau, du beau et du simple : le vent fait bruisser les feuilles des arbres sous l’automne turc, les cheveux libérés d’une jeune femme avant un baiser, et la neige…
La neige tombe dans les films de Nuri Bilge Ceylan comme dans nul autre.

Sont alors donc réunis ce qui fait le cinéma l’image et le verbe.

EB

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