Jack et Ann

Avis sur Le Prisonnier de la seconde avenue

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Il s'agit d'une jolie comédie douce-amère sur la dépression, qui repose sur un couple d'acteurs magiques.

Mel est cadre sur Madison avenue. Il a 48 ans. Son grand frère vit à la campagne, a fait fortune dans les lustres et le traite comme un petit. Il y a une vague de chaleur. Mel sent qu'il 'perd sa touche", comme on dit en anglais. On lui annonce qu'il est viré.

Il le cache 4 jours à sa femme Edna. Il le lui avoue le jour où ils sont cambriolés, dans leur petit appartement. Les cambrioleurs ont pris les costumes de Mel, qui se sent castré. Edna reprend un travail, Mel supporte mal de rester enfermé dans l'appartement, sans trouver d'emploi. Il joue des tours aux voisins, il finit par dérailler sur un complot mondial qui crée le chômage, et a des fantasmes avec une pelle à neige. Edna convoque la famille, leur demande une aide de 25000 $. Ils veulent bien payer une thérapie, mais pas le rêve d'Edna : reprendre à deux un summer camp dans le Vermont. Mel, sous valium, ne se rend compte de rien.

Un jour, un jeune passant (Sylvester Stallone) le bouscule. Mel met la main à sa poche et ne trouve plus son portefeuille. Il course le jeune homme sur une longue distance, le rattrape, le plaque et lui arrache son portefeuille. Il rentre chez lui, transformé. Avoir réussi ce geste lui a fait retrouvé sa dignité... Sauf qu'il avait oublié son portefeuille : le jeune a cru être braqué. Alors qu'Edna annonce avoir perdu son travail, Mel, redevenu doux et calme, tente de la réconforter alors qu'elle crise sur une panne d'eau dans l'immeuble. Le frère sonne, tend finalement le chèque de 25 000 $. Mel comprend, le déchire après l'avoir assuré de son amour. Notre couple se retrouve, heureux dans son canapé, alors qu'il commence à neiger.

C'est une de ces comédies new-yorkaises où il fait bon pleurer, c'est un peu comme si les personnages de Diamant sur canapé allaient sur leur cinquantaine. Jack Lemmon, cet acteur si touchant, si humain, est très convaincant et émouvant en presque-quinquagénaire usé par la vie quotidienne à New York, et la fin du film, où l'on voit enfin son visage se décrisper, est un pur moment de bonheur. Anne Bancroft est à la fois touchante en femme qui se démène pour sauver son couple et très drôle dans ses scènes de colère. Pour le coup, elle a un accent new-yorkais marqué (physiquement, elle me rappelle Pamela Adlon dans Louie).

La comédie repose sur un certain nombre de péripéties, qui arrivent souvent en tir groupé sur les protagonistes. Les dialogues ne cherchent pas à être constamment hilarants, ils font juste vrais. J'ai quand même adoré le "My god I mugged a kid" de Mel. Et puis il y a le "Talk to me, darling. I'm a good listener" d'Edna. L'essentiel du film est tourné en studio, avec peu de décors : une maison à la campagne, le bureau où travaille Mel, mais surtout l'appartement. Le film est entrecoupé de plans sur la ville, accentuant son aspect géométrique et gigantesque, avec en fonds sonores des annonces de faits divers à la radio. Je n'ai pas bien suivi ces passages, mais ils me semblaient peut-être un peu redondants.

C'est un petit film adorable, un de ceux qui peuvent vous remonter le moral quand vous vous sentez bas, avec un couple d'acteurs savoureux.

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