Alors que Luke Skywalker (Mark Hamill) se charge d’aller sauver Han Solo (Harrison Ford) des griffes de Jabba le Hutt dont il est prisonnier, l’empereur Palpatine (Ian McDarmid) vient visiter Dark Vador (David Prowse/voix : James Earl Jones) sur le chantier d’une nouvelle arme mortelle extrêmement puissante qu’il a mis en route : l’Etoile de la mort. Ce faisant, il espère attirer sur lui l’attention de l’Alliance Rebelle, afin que Luke se précipite dans la gueule du loup…
Troisième et dernier volet de la trilogie spatiale de George Lucas, Le Retour du Jedi fait craindre le pire pendant une première demi-heure nanardesque à souhait, qui évoque davantage une sorte de Muppets show galactique que l’immense saga de space opera à laquelle elle appartient.
Mais c’est pour mieux revenir aux fondamentaux de la saga par la suite : car en effet, le film de Richard Marquand nous offre sans doute la plus belle scène de bataille de la trilogie originale, avec la bataille d’Endor qui clôt le film. Mise en scène de manière toujours plus virtuose, elle nous rappelle ce qui fait la grandeur de Star Wars, par ses plans épiques et grandioses. Ce qui fait la grandeur de Star Wars, c’est aussi sa mythique intrigue familiale, qui est ici portée à son apogée, creusant de manière intelligente la relation entre Luke et son père sans jamais verser dans le pathos, grâce à un rythme parfaitement géré. Cela nous vaut quelques séquences empruntes d’un tragique bienvenu, qui ajoute en profondeur au récit par l’arrivée d’un des personnages les plus emblématiques de la saga : l’empereur Palpatine. Quoique relativement peu présent, ce dernier fascine autant qu’il repousse par son pouvoir de manipulation dont le spectateur fait l’expérience en même temps que Luke.
Car, on ne saurait dire si c’est le fait de la mise en scène (parfaite photographie d’Alan Hume), de l’excellent casting, de l’immense musique de John Williams, ou simplement des trois en même temps, mais on est immergé au cœur de l’action comme jamais, dans cet épisode qui ne prend pas le temps de nous laisser respirer pour nous en mettre plein les yeux plus de deux heures durant. Et s’il nous faut, pour goûter le spectacle total auquel nous convient Lucas et Marquand, passer par les fameux Ewoks qui n'ont pas suscité l'unanimité (et c'est une litote), on le fait sans trop rechigner : car quand on repense aux lourdingues Gungans du premier volet de la prélogie, on supporte tout de suite beaucoup mieux ces grosses peluches, tout de même beaucoup plus mignonnes et amusantes que ne le sont les affreux compères de Jar Jar Binks.
Tout n’est donc certes pas parfait dans cet épisode, mais si Star Wars est une saga unique en son genre, n’est-ce pas justement par son incroyable capacité à dépasser ses défauts pour nous offrir malgré eux un divertissement constant et spectaculaire ? C’est bien encore le cas ici, introduisant même un soupçon d'émotion lorsque le moment vient de conclure cette grande épopée familiale, digne des grandes heures de la tragédie. Et finalement, au sortir de cette trilogie, c’est bien cela qu’on retient de Star Wars avant tout : sa capacité éternelle à nous émerveiller et à nous faire vibrer encore et toujours à chaque nouvel épisode et à chaque nouvelle vision. En faut-il plus pour faire un chef-d’œuvre ?