Τα χρήματα δεν κάνουν ευτυχία

Avis sur Le Réveil du dimanche

Avatar Théloma
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Mina est du genre lève tôt. Le dimanche matin, elle file en direction de la plage à quelques encablures d’Athènes. Pas question de trainer au lit, la vie l’attend.
Alexis est du genre couche tard. Musicien de jazz le soir et poète à ses heures perdues, il fait les yeux doux à sa logeuse pour éviter de lui payer son loyer et traine en robe de chambre tout le reste de la journée.
Ces deux-là finiront malgré tout par se rencontrer et même par se plaire. Sauf qu’un billet de loto gagnant, malencontreusement perdu par la première et retrouvé par le second va jouer les grains de sable. L’un comme l’autre revendique la légitime propriété du fameux ticket. La guerre est déclarée !
C’est sur cette trame digne des comédies à la Capra que le réalisateur grec Michael Cacoyannis réalise son premier film en 1954. Avec trois grands acteurs à la clé, Ellie Lambeti dans le rôle de Mina, Dimitris Horn dans celui d’Alexis et Giorgos Papas en avocat tout en nuances.
On suit avec amusement le bras de fer juridico sentimental qui oppose les deux amoureux en devenir mais ce n’est pas là le seul intérêt du film.
La réalisation de Cacoyannis accorde une grande place à la ville d’Athènes qu’il prend le temps de filmer dans un noir et blanc superbe qui, soleil grec oblige, tire plus sur le blanc que sur le noir. Le Réveil du dimanche est un hommage plein de tendresse du cinéaste à sa ville et ses habitants. Mais qui s’accompagne ici ou là de petites piques sarcastiques car le pays qui sort de six années de guerre civile et connait pauvreté et injustice sociale n’est pas un paradis pour autant.
La scène introductive donne ainsi le ton. On y entend une voix off observant le réveil dominical des Athéniens et vantant le chant du coq, celui harmonieux des Grecs se rendant à la plage et enfin le doux bruit du tramway. Propos illico démentis par ce que l’on voit et entend à l’écran : un coq et des chanteurs braillards, un tram aux roues grinçantes (procédé à l'ironie particulièrement efficace utilisé d'ailleurs par Stanley Donen dans son introduction de Chantons sous la pluie).
Dans les deux très beaux films qui suivront, La Fille en noir (1956) et Fin de crédit (1958) Cacoyannis poursuivra son analyse de la société Athénienne de l’après-guerre mais avec un regard – et des scénarios - beaucoup plus sombre. Une trilogie portée par l’extraordinaire actrice Ellie Lambeti et la photographie lumineuse de Walter Lassaly qui ressort actuellement en coffret.
A découvrir.

Personnages/interprétation : 8/10
Histoire/scénario : 7/10
Mise en scène/réalisation : 8/10

7.5/10 ++

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