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Ménage à trois

Avis sur Legend

Avatar Behind_the_Mask
Critique publiée par le

Si vous vous attendez à voir un film de mafia, avec fusillades, réglements de comptes et face à face avec la police, alors, vous vous êtes assis dans la bonne salle... Pendant, disons, le premier tiers de Legend. Car c'est là que réside le coeur de cet aspect de l'oeuvre, traité de manière assez "légère", à l'image de cette filature policière en voiture à deux à l'heure, sur les talons d'un Tom Hardy un brin cabot qui prend le temps de saluer chaque habitant du quartier. Tout comme cette rixe à coups de marteau dans un bar qui inscrit un grand sourire sur le visage du spectateur, comme aurait pu le faire un Matthew Vaughn ou, de manière plus lointaine, un Quentin Tarantino. Les affaires, les rivalités entre mafias, tout cela est traité de manière diagonale, comme un élément du décor. Car là ne réside pas le coeur de Legend.

Brian Helgeland glisse ainsi de manière progressive vers autre chose, avec tout d'abord cette voix off qui, si elle ne se présente pas, ne laisse guère de doute quant à son rôle qu'elle pose à demi-mots. Puis c'est par l'apparition du visage de poupée d'Emily Browning, faisant tomber Tom Hardy sous son charme. Un coup de foudre au goût de bonbon au citron. A partir de là, Legend arpente moins le genre du film de mafia qu'il explore les liens, ce qui rapprochent les gens, qu'ils soient fraternels, familiaux ou du milieu. C'est ainsi que l'on assiste à l'évolution d'un véritable ménage à trois tout au long du film. Emily Browning et Tom Hardy se disputent tout d'abord Tom Hardy... Euh... Pour être plus clair, Frances dispute son mari à son frère jumeau, avant de, finalement, se débattre à essayer de sortir son mari des griffes de ses activités illicites. Peine perdue.

Car Frances tente de s'immiscer dans le mince espace laissé par les relations amour/haine qui unissent les jumeaux, ces liens inaltérables malgré, parfois, l'envie irrésistible de tuer l'autre. Reggie et Ronnie, c'est Docteur Jekyll et Mister Hyde, des gènes identiques qui ont donné naissance à deux individus contraires. Ron le frustre devient incontrôlable quand Reggie l'apprêté semble impassible. Façade, tant Reggie, lui aussi, peut exploser en un clin d'oeil dans des éclats de violence sèche et spectaculaire.

Car Frances tente de ranger Reggie, elle qui n'aura finalement aucune prise sur son mari. Tout comme les liens du sang, les liens du milieu ne laissent que peu de place pour exister. L'amour existe entre ces deux là, pour sûr. Mais Frances ne peut que rester en retrait, à la surface du monde mafieux que Reggie écume, à la surface de liens fraternels et de loyauté qui ne s'expliquent pas. Au point que Emily Browning semble peu à peu dépérir, tandis que Tom Hardy s'illustre, autant dans le rôle débridé de Ron que dans celui de son frère.

Ce sont les relations entre ces personnages et les différents ménages à trois qui font vivre Legend, dans son décor parfait de London 60's comme terrain de jeu. Dommage que l'oeuvre hoquète parfois dans quelques petites longueurs. Mais Legend reste cependant agréable, écrin d'un acteur en mode double performance qui ne restera pas inaperçu, peinture en creux d'une vie brisée où les comprimés auront trop vite remplacé les bonbons au goût de citron.

Behind_the_Mask, qui a du mal à capoter sa Spitfire.

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