Le huitième

Avis sur Les 8 Salopards

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Quelques années après la Guerre de Sécession, un chasseur de prime fait route dans le Wyoming pour mener sa prisonnière sur l'échafaud. Mais après l'avoir contraint à accepter deux passagers supplémentaires à bord de sa diligence, le blizzard va le forcer à faire une halte dans une auberge pour quelques jours. Et lorsque celle-ci compte déjà quatre autres mystérieux personnages, la confiance ne règne pas réellement. Débute alors un étrange jeu de dupes…

Après Django Unchained, Quentin Tarantino reste dans l'univers des westerns et nous offre ici un intéressant huis-clos. La bande-annonce me faisait penser aux Dix petits nègres d'Agatha Christie et je m'attendais à une sorte d'enquête menant à la découverte du menteur. Mais Tarantino reste Tarantino. Ainsi après une assez longue introduction, le réalisateur laisse place aux scènes de dialogues généreuses et légèrement décalées avant de conclure une nouvelle fois son film sur un déchaînement de violence faisant la part belle aux effusions d'hémoglobine. Les fans continueront d'apprécier et les détracteurs resteront sur leur ancien avis, ce film n'étant probablement pas celui qui révolutionnera la carrière de Tarantino.

Appréciant généralement son travail, j'ai donc trouvé Les 8 Salopards agréable malgré une légère déception lors de la révélation d'une carte cachée au cours de la seconde moitié du film. J'aurais vraiment apprécié que la découverte de tous les secrets se fassent sans l'utilisation de cette sorte de deus ex machina que j'ai ressenti comme une certaine forme de facilité scénaristique.
Mais le plus grand défaut de ce film restera sans doute la longueur excessive de son introduction. Nous avons tous en mémoire de très grandes scènes de westerns de légendes où l'étirement en longueur du temps sert à construire un grand moment de tension. Ici, j'ai essentiellement perçu la durée de l'introduction comme un moyen d'insister sur l'isolement à venir des protagonistes et d'installer une sorte d'esthétisme western un peu forcé. Heureusement, la fin de la première partie du film parvient à rassembler suffisamment de tension et d'énergie pour regagner l'attention du public. Et à rendre l'entracte d'une dizaine de minutes de la version 70mm frustrante sans pour autant entamer la motivation d'enfin pouvoir découvrir le fameux menteur du groupe.

D'ailleurs, le film valait-il la peine d'être vu en version 70mm ? Ne faisant pas partie des puristes de ce format, cette séance était pour moi une grande découverte dont je ressors relativement convaincu sans pour autant croire qu'il s'agit du retour d'un messie.
La très grande largeur que procure ce format permet de retrouver avec plaisir le style western et les bords légèrement flous de l'image ajoutent à l'aspect folklorique de l'ensemble. Pour autant le tout début du film m'avait laissé craindre le pire, le scintillement lié aux particularités de la projection du format étant très marqué et à la limite du pénible pour moi. Encore une fois, le défaut disparaît heureusement lorsque le huis clos débute réellement.

Malgré quelques longueurs au début du film, Les 8 Salopards est un bon film de Quentin Tarantino, servi par de très bons acteurs et un scénario plaisant. La mise en scène devrait satisfaire les fans du réalisateur et ne changera pas l'avis de ses détracteurs. Mais tous se demanderont sans doute où s'est égaré l'habituel génie d'Ennio Morricone à la composition, la bande son n'étant pas mémorable outre mesure.

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