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Les Affranchis ou la démystification d'un milieu.

Avis sur Les Affranchis

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"Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours voulu être un gangster.".

Les Affranchis, c'est l'aboutissement de toute une carrière pour Martin Scorsese. Délaissant le sujet durant les années 80, il se remet sur la route avec le livre de Nicholas Pileggi, intitulé Wise Guys.

Les Affranchis, c'est un long processus de démystification, le film qui donne la mesure du cinéma, réalité dans le milieu. Les Affranchis démonte tous les fantasmes et présente son groupe de mafieux comme des arrivistes possédant une arme à feu.

Pourtant, le jeu de Martin Scorsese est vicieux, puisque le personnage principal, Henry (Ray Liotta), et narrateur de l'histoire (avec sa femme), est un affranchi dont l'ascension est expliquée. De plus, il appuie dès le départ sur le fait qu'il voulait être un gangster, qu'un homme normal, avec un job et des problèmes de facture .

Le principe est justement d'enchanter un milieu négatif avant de tout casser dans un grand fracas et de le présenter tel qu'il est réellement. Les affranchis sont des hommes normaux, exécutant leur travail comme un autre, discutant et plaisantant autour d'une table.

"Il faut arrêter de rêver" . Tel est le message du film. . Les affranchis est un long-métrage mûrement réfléchi, tant dans sa mise en scène tout d'abord enjoliveuse , avant de se montrer plus crue . Martin Scorsese démontrant que ces affranchis sont tout simplement des humains à qui l'on a donné les clés de la ville, et des êtres méprisables .

Robert De Niro est impressionnant , excellent , dans un rôle pourtant dépréciatif. Jimmy Conway, plus calme et intelligent que Tommy n'en est pas moins l'un des plus dangereux, animé par une envie de pouvoir et d'argent plus puissant que les autres, n'hésitant pas à se débarrasser de ses anciens collaborateurs. Comme à son habitude, De Niro s'est imprégné des manies d'un vrai gangster, pour le rendre conforme à l'écran. La misogynie est présente, dépeignant de nouveau les hommes comme des dominateurs pathétiques, et les femmes , des victimes de la situation.

Les Affranchis est une fresque peu reluisante pour le milieu et pourtant la plus proche de la vérité, partagée entre l'attirance et la répulsion pour des caïds détestables. La contradiction est constante, confirmée par les derniers mots de Henry, qualifiant sa nouvelle vie de minable. Une œuvre unique, autant soutenue par son réalisateur que ses acteurs.

Chef d'oeuvre !

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