Pédophile d'ici, pédophile là-bas !

Avis sur Les Ballets écarlates

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Il est à noter que ce film de Jean-Pierre Mocky est inédit en salles ! En effet, selon ses dires, il aurait été censuré par le ministre de la culture de l'époque (Renaud Donnedieu de Vabres ?), à cause de son sujet sulfureux. Ce qui fait qu'il n'a pas été diffusé au cinéma, seulement dans celui de Mocky, nommé à l'époque Le Brady. Puis, il a été diffusé en dvd en 2007, orné d'une présentation du réalisateur.

Le film parle de partouzes pédophiles entre des mineurs d'une dizaine d'années et des notables d'une ville non déterminée (avocats, magistrats, maire...). Seulement, un enfant va réussir à s'échapper et trouver refuge chez une femme qui, comble du hasard, a perdu auparavant son fils dans un viol pédophile. Ce qui va provoquer chez elle, et l'armurier (!) du coin le désir de vengeance.

Je ne nie pas que le sujet soit fort et ô combien risqué de parler de pédophilie, mais encore faut-il le faire avec talent. La mise en scène est vraiment grotesque, à base de champs/contre-champs loupés, d'incohérences flagrantes (le gamin entend un coup de fusil et se tourne tout juste avant le bruit), des endroits soi-disant bourgeois éclairés comme un vieux Marc Dorcel, et les acteurs !!!!
Alors, si je dois parler des acteurs, j'en aurais pour des plombes ; les notables sont typés en étant très méchants et faisant des rires sardoniques, et filmés en contre-plongée et les deux gentils, incarnés par Patricia Barzyk et Jean-Pierre Mocky, ont l'air échappés d'un film de Marcel Carné, tout en donnant l'impression de jouer tout le temps faux.
Dans le casting des notables, on retrouve les compères Dominique Zardi et Jean Abeillé.

Doté d'une B.O. de Vladimir Costa qui ne doit pas dépasser 5 minutes, puis recyclée à toutes les sauces, le film bascule au fur et à mesure dans du Charles Bronson bas-de-gamme. J'avoue que je connaissais pas ces histoires de partouzes pédophiles, ce qui est terrible en soi, mais on n'a pas le droit de traiter un sujet comme ça, aussi peu ambitieux artistiquement parlant.
Peut-être que si la ministre de la Culture de l'époque a voulu censurer ce film, c'était pour notre bien, qui sait ?

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