👉 20 mai : Mise à jour de notre journal de bord (qui devient hebdo)
Le bilan de la nouvelle version du site est accessible ici.

Les damnés est un film fleuve de deux heures trente, un gros morceau de cinéma sur la trajectoire d’une famille que les aspirations personnelles et la pression politique consume peu à peu alors que le parti national socialiste affirme son autorité. Son univers est passionnant, car le microcosme familial, strictement composé de personnages de la haute société allemande, compile différents maillons et différentes pensées. Dans la situation d’exposition, le paternel fait office de médiation, tentant de faire cohabiter tout le monde pour le mieux. Il y a l’actuel patron des aciéries, beau-frère farouchement opposé au national-socialisme, le frère engagé comme commandant dans les sections d’assaut, le fils opportuniste sans étiquette et sa femme (qui écrase immédiatement n’importe quelle Cameron Diaz avec une facilité déconcertante), et le cadet efféminé inconstant, qui ne semble jamais entrer dans les jeux de pouvoir. Et leurs enfants. Un grand tableau humain, dont la longueur peut parfois faire perdre certains repères, mais dont les trajectoires sont simples. Le but initial étant de garantir aux aciéries une certaine indépendance, tout en se faisant bien voir du parti politique actuellement en vigueur. Un vrai game of thrones où la raison dicte d’abord les attitudes, bientôt remplacées par les querelles et les trajectoires personnelles. Pour ses opinions politiques, le beau frère est vite destitué, et bientôt menacé. Il fuit alors sans sa femme et ses enfants, abandonnant ces derniers qui se retrouvent vite prisonniers des institutions. Et très vite, on s’aperçoit que le timide cousin installé en milieu de table, faisant partie de l’élite des SS, est celui qui se révèle le plus adroit au jeu du pouvoir. C’est finalement le pouvoir de l’opportuniste, l’habileté à exalter les passions du moment et à retourner des opinions dans une direction bien précises, quitte à faire des alliances avec plusieurs camps pour tous les diriger sur tel ou tel objectif. C’est moins les théories raciales que l’opportunisme qui est dénoncé ici, avec une férocité qui impressionne (je pense à la réunion de famille finale, véritable parodie de l’ouverture). Tout en joignant quelques repères temporels (l’assassinat des chefs des SA pendant la nuit des longs couteaux) pour assurer à l’histoire une évolution et une cohérence sur ses deux heures et demie. Qui sont le principal défaut du film. Ce dernier est parfois trop long, et rajoute des arcs dont on aurait pu se passer (je pense surtout au personnage interprété par Helmut, dont on suit le quotidien pendant plusieurs séquences en appartement avec une gamine voisine). Il aurait été facile de condenser, quitte à perdre en nuance sans porter atteinte au propos. Les personnages étant nombreux, je n’en rajouterai pas plus sur les trajectoires de chacun. Malgré sa longueur, Les damnés est une habile fresque historique, retranscrivant plutôt finement les dilemmes politiques pendant la montée de la dictature nazie.

Voracinéphile
7
Écrit par

il y a 7 ans

2 j'aime

8 commentaires

Les Damnés
Sergent_Pepper
7
Les Damnés

Décadence avec les loups

Les Damnés ouvre un nouveau chapitre dans la filmographie de Luchino Visconti : alors qu’il a derrière lui la grandeur de Rocco et ses frères et l’unanimement saluée splendeur du Guépard, sa maîtrise...

Lire la critique

il y a 2 ans

21 j'aime

Les Damnés
dagrey
8
Les Damnés

La chute des Dieux

En 1933, l'avènement des Nazis est diversement accueilli par les membres de la riche entreprise familiale Von Essenbeck. A partir de l'incendie du Reichstag, l'Histoire va s'accélérer et la famille...

Lire la critique

il y a 2 ans

13 j'aime

3

Les Damnés
Marius_Jouanny
8
Les Damnés

Familial

Deuxième Visconti visionné, première claque. Racontant les tumultes d’une famille allemande à la tête d’une grande entreprise de scierie en pleine montée du nazisme (les premières séquences ont lieu...

Lire la critique

il y a 7 ans

10 j'aime

2001 : L'Odyssée de l'espace
Voracinéphile
5

The golden void

Il faut être de mauvaise foi pour oser critiquer LE chef d’œuvre de SF de l’histoire du cinéma. Le monument intouchable et immaculé. En l’occurrence, il est vrai que 2001 est intelligent dans sa...

Lire la critique

il y a 8 ans

97 j'aime

118

Le Hobbit - La Bataille des Cinq Armées
Voracinéphile
3

Peter, t'as le bide qui dépasse !

Attention, il n'y a que des spoilers dans cette critique, mais lisez la, elle peut vous éviter une déception. Il y a tellement de mauvais points dans cette bataille des 5 armées que je ne sais pas...

Lire la critique

il y a 7 ans

68 j'aime

56

Hannibal
Voracinéphile
3
Hannibal

Canine creuse

Ah, rarement une série m’aura refroidi aussi vite, et aussi méchamment (mon seul exemple en tête : Paranoia agent, qui commençait merveilleusement (les 5 premiers épisodes sont parfaits à tous les...

Lire la critique

il y a 8 ans

68 j'aime

34