Les Oiseaux (The Birds) est un grand thriller d'épouvante réalisé par Alfred Hitchcock (a voir absolument en VO pour l'ambiance), écrit par Evan Hunter (un écrivain américain aussi connu sous les noms de Richard Marsten, Hunt Collins, Curt Cannon et Ezra Hannon), d'après une nouvelle de Daphne du Maurier (publiée en 1952) qui met en scéne les attaques inexpliquées d'oiseaux de toutes espèces sur les habitants de la petite ville de Bodega Bay en Californie... Parmi lesquels il y a Mitch Brenner (joué par le très bon Rod Taylor) un avocat de San Francisco, qui réside le week-end à Bodega Bay avec sa mère Lydia (jouée par l'excellente Jessica Tandy) qui est veuve depuis peu, dépressive, et ne supporte pas de voir son fils avec une femme... et sa sœur Cathy (jouée par la très jeune Veronica Cartwright qu'on reverra par la suite adulte dans Alien de Ridley Scott, L'Étoffe des héros (The Right Stuff) de Phillip Kaufman et Les Sorcières d'Eastwick de George Miller)... et une certaine Mélanie Daniels (jouée par la très agréable Tippi Hedren... Une mannequine devenue (malgré elle) la nouvelle muse du réalisateur trop obsessionnel qui a fait en sorte de détruire la carrière de cette derniere... parce qu’elle voulait pas suivre sa ligne de conduite ou si vous préférez ne pas être sa chose) un jeune femme mondaine de San Francisco qui va rencontrer Mitch Brenner chez un marchand d'oiseaux, et qui va le suivre (pour son grand malheur) jusqu'à sa résidence du week-end Bodega Bay.... ou elle va devoir non seulement affronter les oiseaux mais aussi la mère trop possessive de Mitch et les attaques assez jalouse de Annie Hayworth (jouée par l'excellente Suzanne Pleshette) l'ancienne maîtresse de Mitch... vivant sur la même ile...
Hitchcock ne voulait pas de star pour le film... Surtout aprés le succès de Psychose sans grands acteurs qui l'avait motivé à se diriger dans ce sens.... Après divers essais filmés de plusieurs actrices, Pamela Tiffin (Un, deux, trois (One, Two, Three) de Billy Wilder), Yvette Mimieux (La Machine à explorer le temps (The Time Machine) de George Pal), Carol Lynley (Le Cardinal (The Cardinal) d'Otto Preminger) et Sandra Dee (Mirage de la vie (Imitation of Life) de Douglas Sirk), le cinéaste surprit en choisissant une inconnue, Tippi Hedren. Il l'avait remarquée dans une publicité diffusée lors de l'émission télévisée The Today Show... et qui deviendra par la suite sa chose....
La principale difficulté technique, avant les effets spéciaux, concernait les oiseaux réels. Sur le plateau, ils étaient contrôlés par des dresseurs dirigés par Ray Berwick, qui supervisait l'entretien et l'entraînement de milliers de mouettes, corbeaux freux, corneilles, moineaux, bouvreuils et bruants. Diverses techniques furent utilisées pour tenter de leur faire jouer leur rôle, avec des fortunes diverses. Robert Boyle attacha des petits aimants aux pattes des corneilles afin qu'elles s'alignent sur la gouttière de la maison d'Annie. Tout semblait marcher jusqu'à ce que la caméra commence à tourner. En tentant de s'envoler les volatiles basculèrent en avant formant une triste brochette pendant la tête en bas... Ray Berwick et les oiseliers portaient de longs gants de cuir pour se protéger, ce qui n'était pas le cas des acteurs, qui reçurent des injections antitétaniques, comme tous les membres de l'équipe (les coups de becs étant fréquents). Rod Taylor fut harcelé par un corbeau nommé Archie, mais c'est Tippi Hedren qui souffrit le plus (la pauvre entre l’odieux cinéaste et les volatiles...je ne sait pas qui était vraiment le pire)... Pour les effets spéciaux, Hitchcock fit appel à Ub Iwerks, récompensé d'un Oscar spécial en 1959 et connu pour son travail d'animation dans les studios Walt Disney durant les années 1920. Il était surtout chargé d'incorporer des oiseaux animés avec des oiseaux réels dans des plans de nombreuses séquences....Sur les 1 500 plans que compte le film, pas moins de 371 sont truqués...
Considéré par beaucoup (dont moi même) comme l'un des meilleurs films du cinéaste... Les Oiseaux instaure un climat de terreur insoutenable ou on est tour à tour émus, interloqués et effrayés… Enfin bref, un grand classique du cinéma qui donnera naissance quelques années plus tard a un certain Jaws... conformément à son talent, le maître réalisateur a de nouveau réussi à créer un film étonnant... encore aujourd'hui.