Le placard

Avis sur Les Sorcières de Salem

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Qu'il est facile de tomber dans l'oubli! Il suffit d'un rien, d'une circonstance défavorable ou d'un caprice d'artiste, pour qu'un film qui devrait figurer au panthéon du cinéma français moisisse dans un placard pendant des décennies.

C'est le cas des Sorcières de Salem qui fort heureusement a fini par resurgir d'outre-tombe. Un long-métrage qui avait tout, ou presque, pour devenir un grand classique. En particulier son binôme Montand-Signoret, couple mythique du cinéma. Yves Montand est depuis une dizaine d'année une star de la chanson, et une star du cinéma depuis son incroyable prestation dans le chef d'œuvre de Henri-Georges Clouzot Le salaire de la peur, énorme succès au box-office trois ans plus tôt. Le CV de Simone Signoret est encore plus impressionnant. Déjà une trentaine de rôles plus ou moins important, dont le rôle principal dans Les diaboliques (de Clouzot, encore lui) ou dans l'excellent Casque d'or du tout aussi excellent Jacques Becker.

A noter que c'est la première fois que le couple marié en 1951 est réuni à l'écran. Il le sera de nouveau en 1970 pour L'aveu ou en 1976 pour Police Python 357. Il est étonnant que la "première fois" de ce couple adulé soit resté dans l'ombre aussi longtemps. C'est pourtant le genre de chose qui attise la curiosité du spectateur et gonfle l'aura d'un film.

Je ne décortiquerai pas l'intrigue du film est la manière dont la mise en scène de cette chasse au sorcières peut renvoyer à la chasse aux communistes qui animé les Etats-Unis dans les années 50. D'autres l'ont déjà fait bien mieux que je ne le ferais. Mais je tiens à souligner le talent de Raymond Rouleau qui met parfaitement en scène une communauté frappé par la peur et la paranoïa. Des maux s'insinuant lentement parmi ses membres et entrainant une explosion de violence, seule réponse possible de l'être humain face à l'angoisse.

Et tout ça est parti du désir de vengeance d'une amante inexpérimentée en amour, blessée dans son orgueil. Interprétée par la toute jeune Mylène Demongeot, qui tient la dragée haute au couple Montand-Signoret dans son rôle de pseudo-sorcière hallucinée, et contribue largement à installer une atmosphère pesante et malsaine.

Ils sont nombreux ces films méconnus qui mériterait d'être redécouvert, mais rarement un film n'aura autant mérité de sortir de l'anonymat que Les Sorcières de Salem, tant le sort qui lui a été réservé est injuste et sa qualité égale aux plus grands chef d'œuvre. Espérons que sa récente sortie en DVD lui rende la notoriété qu'il mérite.

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