Sorte d'idéal de collègue et pseudo amoureux compréhensif des femmes souhaitant justifier ses couill

Décidément la mode est au cinéma de l'expectative et de la bien-penseance diluée (je ne la trouve pas si souvent assénée, simplement les cas furieux font logiquement du bruit) ; et s'il y a un genre à prendre, il va l'étreindre et l'essorer ! Dans ce film des moments [plus intenses] en rattrapent d'autre mais rien n'atteint de sommets ni ne se distingue de ce qu'on connaît dans le genre [c'est même d'une pauvreté relativement gênante] ; sinon dans sa détermination à en rajouter dans le sermon modéré et l'optimisme entravé. Pourtant ce film restera bien un exemple fort - dans le domaine des dialogues aberrants ; les laïus pontifiants sont récurrents et si beaucoup ont un effet soporifique, deux battent des records !


Le premier, celui de l'ouverture, atteint la stratosphère de l'insipidité (avec cette histoire pourrie calquée sur celle de l'Arche de Noé – s'il y avait du lourd à y déceler, navré j'en avais rien à secouer) ; ces dix minutes sont-elles censées nous faire partager les sensations authentiques, pitoyablement chaleureuses et vigoureusement rasoirs allouées par la providence à chacun dans une réalité post-apocalyptique ? Le second, c'est cette énième leçon futile du père à sa fille, où est venue l'heure de déballer le cœur de la sexualité et de la mise en germe des bébés – et de pondre une petite morale de circonstance condamnant la misogynie et le racisme que leurs auteurs candides présentent comme gentillets, alors qu'elles révèlent combien leurs âmes sont méchantes et leur niveau celui des caniveaux ! (Oh que le papa nouveau est doux, bon et bien récuré dans le fond de son cœur sous la couche de virilité sobre ! Oh qu'il est légitime à s'occuper de sa fi-fille à tête de Dewey, que dans un monde qui ne se serait pas écroulé il lui tendrait son sein juteux grâce aux avancées de la science et de la démocratie !)


Dans les deux cas, Tu-ne-seras-pas-une-Barbie-ma-fille (et 'Tu seras un garçon dont je choisirais scrupuleusement les culottes' – quel sens de la responsabilité propre aux êtres éclairés !) se passerait bien de ces explications ; elle est mature [elle, alors forcément ! - et elle est très jeune, donc c'est l'espoir – qui corrigera toutes nos erreurs, oui précisément, la jeunesse nouvelle ne sera pas comme nous elle ira au bout !] et n'a pas besoin d'être tant couvée. Effectivement et en plus papa est parano et borné, or on verra que c'est à bon escient (que voulez-vous le génitalement homme ne sait être à sa place que dans la guerre et la boue ! - même si certains sont plus nobles ils n'en sont pas moins incapables de jugement sûr) ; on découvrira aussi que la future femme est forte et c'est ce qui sauve la mise face à ce monde de mâles, fatalement appelé à déboucher sur la brutalité. C'est donc un spectacle avec une logique claire, bien creux, triangulant tristesse, démagogie, intimisme, le tout avec une mesure typique de ces [produits] [humains] sincèrement complaisants, adultes zombies avec leur petit jardin sous clé au centre de la communauté, rigoureusement éduqués.


Tout ça n'est que la rationalisation d'un homme souhaitant garder sa fille sous son emprise – et lui-même est une projection idéale de ces mâles bien corrects, calculateurs domestiqués marchant avec tout ordre dominant même nouveau, cherchant avec astuce à recycler leurs couilles et les justifier dans les schémas ascendants. Une morale des conservateurs 'rationnels' de demain voire d'avant-hier, avec toujours les enfants pour légitimer les systèmes d'aliénation et le dévoiement de la sécurité. Mais avec cet atout majeur que n'ont pas chéri les anciens conservateurs : la permission de négocier accordée à l'enfant en capacité de réfléchir et décider ; seule méthode signifiant une volonté de voir grandir sa progéniture et un respect envers elle, qualités qu'il faut donc reconnaître à ce père. Dommage que ce soit essentiellement cosmétique ; car à aucun moment la gamine ne saura s'opposer ni prendre une autre route. Que voulez-vous, elle a un si bon petit papa ! Il pourrait tenir dans un matriarcat où on lui pardonnerait ses maladresses tant il ne sait faire que de son mieux !


https://zogarok.wordpress.com/2020/08/18/light-of-my-life/

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le 18 août 2020

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