Custer's last stand

Avis sur Little Big Man

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L’histoire racontée par le vieillard de 120 ans Little Big Man n’est que le prétexte pour raconter toute l’histoire de l’Ouest en démythifiant la conquête.
Le récit est fait avec un mélange de gravité et d’humour, ce qui permet de passer un très bon moment en dépit de la durée de 2H30.

Arthur Penn soutient si bien son propos qu’il sera impossible dorénavant de voir un Amérindien avec le regard péjoratif d’autrefois. Et l’anecdotique du film rejoint ici la grande histoire.
Les deux passages les plus remarquables sont le massacre des Amérindiens par les troupes du « général » Custer et la défaite de Little Bighorn subie par le même Custer.

Le « général » Custer (il n’était que lieutenant-colonel), le fleuron de la cavalerie américaine, est habillé pour la postérité. Il sera à jamais ce tueur fou, narcissique, ambitieux et méprisant campé par Richard Mulligan.

Custer est à la tête des troupes de cavalerie qui massacrent femmes et enfants de la tribu des « Etres humains », ainsi que les Cheyennes se nomment eux-mêmes, pour que le gouvernement américain puisse s’accaparer de l’or des montagnes sacrées, les Black Hills. Custer participe ainsi activement à un génocide jamais reconnu. Le film montre que ce n’est pas à des Peaux Rouges sauvages que s’en prennent les Tuniques bleues mais bien à de malheureuses victimes capables d’élever le visage pâle orphelin (Dustin Hoffman) comme s’il était leur propre fils.

La bataille de Little Bighorn (Custer's last stand) en 1876 et la défaite impensable de la cavalerie de Custer face aux Cheyennes et aux Sioux Lakotas de Sitting Bull est un des événements ayant donné lieu au plus grand nombre de livres parus aux USA. Elle apporte la preuve, vérifiée ensuite au Vietnam, qu’un peuple uni et animé de la plus ferme volonté de survie, peut battre un ennemi mieux armé et mieux organisé.

Pour me faire l’avocat du diable (de Custer) il semble bien que la responsabilité de la défaite incombe en partie à l’attitude de ses deux adjoints Reno et Benteen qui ont préféré rester sur leur position au lieu d’aller aider Custer en grande difficulté. Les deux capitaines se seraient querellés la veille avec leur chef qui faisait preuve de trop d’autoritarisme, ceci pouvant expliquer cela.

La bataille n’intervient que vers la fin du film et plutôt brièvement. Le film est aussi une grande performance d’acteurs. Autant que Dustin Hoffman en Soda Pop Kid (!), l’authentique chef amérindien Chief Dan George est inoubliable dans le rôle du vieux sage Old Lodge Skins, tout comme Faye Dunaway en nymphomane frustrée. J’ai eu l’impression de voir la meilleure adaptation de Lucky Luke jamais réalisée au cinéma. Les figures récurrentes de l’Ouest sont là : le charlatan couvert de goudron et de plumes, la jolie fille vivant de ses charmes dans le saloon, le joueur de poker habillé élégamment, le shérif légendaire Wild Bill Hickok et même Buffalo Bill en exterminateur de bisons.

La face trop longtemps cachée de la conquête de l’Ouest n’en prend que plus de réalisme. Grâce à ce western picaresque c’est cette face-là que retiendra l’Histoire.

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