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Magic Mike XXL

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Channing Tatum est un excellent danseur, passons là-dessus, c'est acquis, et c'est ce qui lui vaut d'être là, parce que si on se focalise sur la subtilité de son jeu d'acteur, on en est pour ses frais. Regardons-le virevolter, donc, notamment dans une scène d'anthologie se déroulant dans un atelier de bricolage et faisant immanquablement penser au pétage de plombs libérateur du héros de Footlose, resté dans nos mémoires. Pour le reste, ce film pour adolescentes peut légitimement plonger le spectateur adulte dans un abîme de perplexité. L'aspersion de phéromones ne peut malheureusement pas complètement inhiber toutes nos facultés. Heureusement aussi. Disons donc que cette tentative pour nous persuader que ces gentils messieurs qui ont tout misé sur le physique en ont quand même un peu dans la tête et dans le cœur revient un peu à regarder un documentaire de 8 heures sur la passion pour le basket de Stephen Hawkings (que personne ne le prenne mal, j'adore Stephen Hawkings, c'est une métaphore, rien de plus). Nous voilà donc dans une configuration bien étrange en effet, d'un film entièrement fondé sur la plastique de son casting mais qui multiplie les détours avortés en direction de genres qui habitent carrément dans une autre galaxie : la comédie sentimentale, la fable morale, le selfmade man movie (ou le parcours d'un individu lambda vers une réussite presque inaccessible), le buddy movie, etc. Le scénario ne choisit finalement jamais et c'est l'interminable séquence finale (un numéro de striptease qui n'a plus rien de choral et enchaîne assez platement les prestations) qui abat clairement le jeu de toute cette entreprise : en arriver à un étalage tapageur de muscles scintillants. On aurait pu s'en douter, cela dit, mais la présence d'Andie McDowell avait failli nous faire supposer autre chose. En fait, non, ça atterrit lourdement tel une forêt noire lancée par un discobole olympique : la trajectoire ascendante est jolie, mais le point culminant annonce simplement une chute lamentable... En résumé : à réserver strictement aux adolescentes, qui ne tergiverseront certainement pas tellement devant l'arnaque scénaristique et seront en capacité de se pâmer franchement devant les déhanchements lubriques (mais un brin mécaniques) d'une cohorte de beaux mâles qui essaient désespérément de nous faire croire que, derrière leurs physiques de dieux grecs, résident de vraies personnes, bourrées de qualités humaines précieuses. Le vide sidéral des yeux du protagoniste central rend l'objectif carrément inaccessible...

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