The Toxic Avenger

Avis sur Man of Steel

Avatar Camden
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(sans spoiler)

Man of Steel est une mauvaise adaptation live des Chevaliers du Zodiaque.
Man of Steel est un mauvais reboot d’Independence Day.
Man of Steel est une mauvaise suite de Watchmen.
Man of Steel est un mauvais épisode de Torchwood saison 3.
Man of Steel est un mauvais rip-off de Batman Begins.

Mais Man of Steel n’est certainement et surtout pas un film de Superman.

Plaisanterie mise à part. Le film cumule de nombreux défauts inexcusables.

  1. Les personnages

Clark pleure et crie à longueur de scènes. Quand est-ce que les réalisateurs de blockbusters comprendront enfin que ce qui est émouvant, c’est un homme qui retient ses larmes et pas un pleurnicheur ? Henry Cavill a ceci dit été très bien choisi pour le rôle : il est physique et charismatique. Et comme quoi Snyder n’est pas rancunier pour Les Immortels (ce film pensé par ses producteur comme un fast follow de 300).

La rencontre de Loïs et Clark est en rupture totale avec l’intérêt même du personnage. Clark est sensé cacher son identité, c’est ce qui prouve la sincérité de l’amour de Loïs. Là, ce n’est pas simplement pas le cas. De plus, le personnage d’Amy Adams est beaucoup trop premier degré (comment peut-elle sortir à Perry White de but en blanc qu’elle a vu un OVNI, elle a un Pullitzer bon sang !).

Le général Zod est une caricature de nazi sans aucune part d’humanité. On sent que les scénaristes tentent le prétexte du « militaire qui fait son devoir » mais c’est un peu se foutre du monde quand on voit le message patriote "Chistian America" que défend le film (juste pour faire comme dans Pearl Harbor et Battleship).

Russell Crowe est beaucoup trop présent. C’est l’évanescence de Jor-El qui faisait du personnage de Marlon Brando un pilier de l’histoire.

Diane Lane et Kevin Costner… ou la campagne américaine vue par Hollywood. Pauvre Jonathan Kent, sa scène avec la tornade est risible.

Dans Smallville, Pete Ross était intégré au forceps pour le quota racial. Cette-fois ci c’est Perry White qui prend… et Laurence Fishburne qui n’a rien d’autre a joué que la scream girl façon Transformers au milieu des immeubles qui s’effondrent.

Christopher Meloni et Ayelet Zurer auraient pu avoir des personnages intéressants s’ils avaient été dôtés d’une personnalité. Le Coulson et la Jessie de la Team Rocket du pauvre.

  1. La réalisation visuelle

Snyder décadre ses plans pour les scènes mélancoliques, que c’est subtil ! Et il impose un filtre gris pendant 2h23 pour faire « sombre et mature », que c’est malin !

Il crée son univers en pompant à droite à gauche les autres et lui-même. En plus des quelques références citées en intro : La Guerre des mondes, Sucker Punch, Avatar, The Thing, Transformers 3, Star Trek XI, Les Chroniques de Riddick, Avengers, etc. etc.

Le film aligne les explosions sans âme à tel point que je me suis surpris à hurler « Baysplosion ! » dans la salle. Et que de faux raccords. Et ces plans avec des personnages qui crient leur terreur avec des flammes en CGI en surimpression… au XXIème siècle ?!

Par honnêteté intellectuelle, je signale que je l'ai vu en 2D, c'est peut-être plus impressionnant en 3D (et le relief peut expliquer que le film ait été pensé grisouille). Mais bon, ça n'excuse rien, on peut aussi tout faire bien.

Sinon : le placement produit est un brin abusif, ça nuit toujours à l'immersion de voir des pubs mal intégrées.

  1. Faisons ce qui marche

À savoir : on humaniserait le héros, on donnerait une cohérence à une mythologie éparse et on ferait un film apocalyptique.

J.J. Abrams a réintroduit des trucs à Hollywood, notamment que les héros étaient des humains avec une vie emprunte de banalité. Sauf que Clark Kent n’est pas un mâle alpha pêcheur de crabes, c’est un journaliste maladroit avec les filles.

Christopher Nolan a su faire de Gotham City un univers tangible, cohérent, où chaque élément a sa racine et chaque personnage ses motivations propres. Je rigole encore de l’origine du costume du Man of Steel, de l’origine du symbole « S », de la manière dont Clark couvre si habilement ses exploits… Pas une seule idée valable, que des raccourcis maladroits.

Oh et puis zut, on a qu'à mettre du Hans Zimmer bien bourrin et on fera Justice League dans la foulée !

Enfin, un film apocalyptique, quelle bonne idée ! Coincé entre Oblivion, After Earth, Star Trek Into Darkness et plus tard dans l’année, World War Z, Pacific Rim et Hunger Games 2 ; ça lui donne une sacrée personnalité !

  1. La narration

Je dirais simplement que l’histoire n’est pas intéressante et que l’alternance des rapports de force est digne d’un film de super-héros de 1989.
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Bref, c’était une avant-première au Grand Palais. L’architecture du lieu incitait plus à la rêverie que le film qui y était projeté. Personne n’a applaudi.

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