Nelson pour les nuls.

Avis sur Mandela : Un long chemin vers la liberté

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Ce biopic dit officiel n'a pas eu de chance ; il a eu près de quinze ans de gestation, des acteurs et réalisateurs se sont succédé (dont Morgan Freeman, parti tourner à la place dans Invictus), et il est sorti quelques jours avant le décès de Nelson Mandela. L'évènement considérable que ça a été dans les médias fait qu'il y a sans doute eu un effet de trop-plein, une lassitude, et a conduit le film à un échec commercial.

Mais il y a également ses qualités et défauts cinématographiques qui sont à mettre en cause, car sans être trop méchant, il s'agit en fin de compte d'une page Wikipedia sur 2h15 où je n'ai pas appris grand-chose sur la vie de Madiba, sauf sa jeunesse où il était infidèle mais on passe très vite dessus. Mais tout y est ; son engagement politique, son emprisonnement durant 27 ans, sa libération et enfin son élection en tant que président sud-africain en 1994. On voit plus de cinquante ans de l'histoire du pays se dessiner, entre le déchirement des gens de couleur face aux blancs, le tout par le regard de cet homme hors du commun, qui accordera même le pardon à ses geôliers alors qu'il a vécu le pire en prison. Mais ça, le cinéma ne le montre qu'assez peu, car tel que c'est monté, on dirait que Mandela passe son temps à faire des exercices dans sa cellule ou pouvoir rencontrer sa famille que d'être aux travaux forcés.
Idris Elba porte le rôle sur ses épaules, mais j'ai du mal à voir en lui un Mandela crédible, car on voit bien qu'il est rasé de près, qu'il porte une perruque quand il vieillit alors que le reste de son corps est encore jeune, et qu'il porte assez peu de stigmates de ses souffrances. Tandis que Naomie Harris, qui joue son épouse Winnie, est peut-être plus intéressante par la voie plus radicale dans laquelle elle s'engage, à l'opposé du message de paix prodigué par Mandela. Mais là aussi, près de 35 ans mariage ne la font pas vraiment vieillir...

Il reste des archives souvent très fortes, dont des photos où des sud-africains se faisaient abattre parce qu'ils refusaient d'avoir un passeport pour le droit de circuler dans le pays au côté des hommes blancs. Mais c'est un peu souci si ce sont des archives qui émeuvent plus que l'histoire d'un film, quand bien même tout est vrai. Même la réalisation se veut belle, avec d'innombrables couchers de soleil, ce qui est limite hors de propos.

Au final, il ressort de la déception sur ce biopic, pourtant adoubé par Nelson Mandela lui-même à la fin de sa vie, car on aurait aimé voit davantage la souffrance physique et morale de cet homme, et non pas cette sorte de facilité qui se dégage du film. Ripoliné ? Je n'ose franchir le pas...

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