Pressée par les avances du veuf Panisse (Charpin), qui désirerait se remarier rapidement, Fanny (Orane Demazis) attend désespérément que le séduisant Marius (Pierre Fresnay), dont elle est amoureuse, ne lui témoigne son amour en retour. Seulement, Marius est secrètement amoureux… de la mer ! Nourrissant le désir de partir avec les navires qu’il voit régulièrement jeter l’ancre dans le port de Marseille, Marius s’interdit toute attache sentimentale afin de conserver sa liberté. Mais c’est sans compter sur l’amour qui l’anime malgré lui pour la belle Fanny…
Quoique réalisé par Alexander Korda, ce premier volet de la trilogie marseillaise est bien garanti 100% Pagnol. On retrouve en effet le talent du dramaturge et futur réalisateur (il se lancera avec le troisième volet de sa trilogie, César) à écrire des personnages incroyablement attachants, au travers de dialogues pétillants, où humour et émotion s’emmêlent de la plus exquise des manières. Grâce à un casting au sommet desquels les géniaux Raimu et Pierre Fresnay se taillent la part du lion, Pagnol et Korda insufflent à leur récit une vie débordante, qui nous offre un voyage dans le temps et dans l’espace qui décoiffe.
Car Marius fait partie de cette catégorie de films où le spectateur s’immerge tant dans le récit qu’il vit littéralement tout ce que les personnages vivent, même lorsque un accent du sud à couper au couteau l’empêche de saisir toutes les subtilités des dialogues. Cela n’empêche nullement de goûter allègrement un film qui réussit le prodige d’incarner à la fois les grandes heures de la comédie française et celles de la tragédie, nous fournissant une preuve supplémentaire qu’il ne fallut pas attendre la seconde moitié du XXe siècle pour que le cinéma français connaisse son âge d’or…