L'Evangile apocryphe

Avis sur Monty Python : La Vie de Brian

Avatar Ze Big Nowhere
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"A cette époque-là parut un édit de l'empereur Auguste qui ordonnait le recensement de tout l'Empire.
Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie.
Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville d'origine.
Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée dans la ville de David, appelée Bethléhem, parce qu'il était de la famille et de la lignée de David.
Il y alla pour se faire inscrire avec sa femme Marie qui était enceinte.
Pendant qu'ils étaient là, le moment où Marie devait accoucher arriva, et elle mit au monde son fils premier-né.
Elle l'enveloppa de langes et le coucha dans une mangeoire parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans la salle des hôtes..." (Luc 2.1-20)

Pendant ce temps-là les rois mages suivant l'étoile du berger, se gourent d'étable et déboule chez madame Cohen qui les reçoit à coups de pieds au cul.
Se rendant compte de leur erreur nos trois père Noel sortent du gourbi des Cohen et vont taper à côté, où un certain gamin, ni Portugais, ni carreleur mais s'intitulant tout de même Jésus serait né .... A la grande surprise de sa mère.

33 ans plus tard, nous revoilà sur la montagne, écoutant le sermon du non-Lusitanien Jésus.
Prêchant aux foules avides de savoir, prônant l'amour salvateur et la piété aveugle.
Mais on ne redescendra pas de la montagne avec ce chevelu non-Lisboète. Nous le laisserons planté là, avec ses prédications enflammées, son destin divin et ses auditeurs fascinés prêts à croire à tout.

Nous filons le train de cette mégère de madame Cohen et de sa grande bringue de fiston.

Parlons-en un peu de ce fiston : Brian Cohen. C'est son blase.
Vendeur de casse-dalle dans les travées des arènes de l'envahisseur Romain. Des sandwichs de foie de rat ou des beignets de tétons de louve.
Il en a marre Brian, il peut plus les blairer les Romains. Il veut faire quelque chose de sa vie.
L'époque est à la révolte en Judée, ça fourmille de petite organisations terroristes qui veulent la peau de l'Empire. Il veut en être le Brian.

A partir de là, c'est la débandade.
Un cours de Latin improvisé sur les murs de la caserne, un OVNI et des martiens en pleine guerre des étoiles, des réunions de groupuscules surveillés de près, de très prés par l'envahisseur, des débats essentiels sur le nom de leur organisation ou sur les bienfaits ( bien réels, hélas pour le Front du Peuple de Judée) de la civilisation Romaine ou même la rencontre avec le grand général des armées Romaines, le mythique "Bigus dickus".
...Et bien d'autres péripéties qui vont amener notre Brian (bien malgré lui) sur le devant de la scène.

C'est en en essayant d'échapper aux Romains que le destin, que dis-je, que la vie de Brian va irrémédiablement changer.

Quelques mots d'une banalité " Ayraultienne" au bas d'un forum, et le voilà assailli de toutes parts par cette foule friande de conseils sur le sens de la vie ( ;) ) et sur l'urgence d'avoir un meneur qui pensera pour eux.
Ce sera ce chemin de croix; dèja emprunté, qui guidera ses pas vers un destin qu'il ne pourra jamais accepter, contrairement à son double divin.
Brian fut "suiveur" un temps, une sorte d'apprentissage, de découverte adolescente des hommes et des idées. Mais il abandonnera la bêtise du nombre comprenant vite que "le pluriel ne vaut rien à l'homme...(La bise à Tonton Georges !)" et que pour vivre heureux, il fallait vivre caché.
Mais Brian est encore moins un "leader" et laisse ça aux nombreux messies qui courent les routes de cette Judée en pleine crise religieuse et identitaire. Ne désirant que la tranquillité et l'anonymat serein de son amour avec Judith.

Verhoeven dira que "La vie de Brian" est sûrement la version la plus proche de la véritable histoire de Jésus qui ait été faite."

Finalement "La vie de Brian" n'est que la relecture drôle, intelligente et éclairée de l'histoire fondatrice d'une religion.
Une histoire débarrassée des oripeaux dogmatiques des exégètes moyen-âgeux.
Une vision claire et précise des faits sociaux, historiques et politiques de la Judée du premier siècle....et une bonne part d'humour, d'absurde et de non-sens chers à nos amis rosbeefs.
Tout ces éléments sont si bien dosés et si intelligemment exposés que le film est en tout point inattaquable (Même Boutin s'y casserait les 2 dents qui lui restent, c'est dire).

Alors ?!
Une croix, des croix, une chanson et des gens qui sifflent.
Des crucifiés sanguinolents t'expliquant qu'il faut toujours voir la vie du bon côté.

Et une couronne d'épine enfoncée sur la tête de Brian, qui reste toujours aussi pointue et acérée plus de 30 ans après..

ITE MISSA EST .

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