L'Ennui Des Morts-Vivants

Avis sur Mouchette

Avatar Jambalaya
Critique publiée par le

Je ne sais pas ce que j’ai trouvé de plus grotesque et caricatural des dialogues ou du jeu des acteurs mais une chose est certaine : ce film est une banque du sperme à lui tout seul ! Vive la branlette ! Il est à peu près tout ce qui me désespère de la part d’un réalisateur : ce film est sectaire. Sectaire au sens où il se met volontairement au banc d’un cinéma populaire qui serait ouvert à tous, ce film rejette. Sectaire parce-que tu sens tout de suite que, si tu n’aimes pas, le réalisateur brandit vers toi un doigt accusateur : « Tu n’aimes pas mon film ? C’est parce-que tu ne la pas compris ! Et si tu ne l’as pas compris, c’est soit parce-que tu n’es pas assez intelligent, soit parce-que ton esprit n’est pas assez ouvert… » Croyez-moi question secte, avec un papa raëlien et une mère bigote (mais alors bigote), j’en connais un rayon…

Pourtant, il y a moyen de passer un très bon moment (court en plus, 77 minutes), en prenant un minimum de recul et un regard analytique, on peut se payer la tête de Robert Bresson, ce qui est quelque chose en soi. Je n’ai eu aucun mal d’ailleurs, ça a été plus fort que moi dès les premières minutes. Dialogues et jeux (ou absence de jeux) d’acteurs sont une telle caricature d’un cinéma faussement intellectuel, tellement éloigné de l’histoire qu’il traite, tellement faux dans ses intentions, qu’on ne peut s’empêcher de penser à ce sketch des Inconnus singeant certains films de Bergman où deux femmes regardent tomber la pluie en débitant des banalités…

Bref, concrètement ça donne quoi ? Une troupe d’acteurs aussi expressifs que des Vulcains sous lexomil (Mais si ça existe, puisque le lexomil est une invetion vulcaine, tu crois comment qu’ils font comment couillon pour ne pas avoir d’émotion ? Lexomil matin, midi et soir !) qui prennent des airs très, mais alors très pénétrés pour dire un texte qui tient sur une feuille de Rizzla+. C’est simple, on jurerait que Keanu Reeves est à la direction d’acteurs tant ils sont dans l’absence de jeu, ou le non-jeu, en tout cas dans quelque chose d’absolument irréel, tant on se dit que personne ne peut faire la gueule comme ça du soir au matin. Qu’ils soient tristes, heureux, calme ou en colère, les acteurs qu’on voit à l’écran font la gueule. Comme chacun sait, faire la gueule fait vachement plus intelligent que se fendre la poire. Pourquoi à ton avis les comédies sont si rarement récompensées ?! Parce-que le rire ne peut être qu’une affaire de crétins tient !

Que dire du texte si ce n’est qu’on a très rarement droit à une phrase complète ? Le début est d’ailleurs particulièrement désespérant, un mot par-ci, deux par-là, la barmaid qui semble figée depuis qu’elle s’est fait tirer la peau des fesses pour avoir le visage plus lisse. Il y a aussi ces regards de morts-vivants qu’ils ont tous, qui vous fixent de leur vide faute d’exprimer quelque chose. Si seulement la mise ne scène apportait quelque chose, dans ces meilleurs moments elle est neutre et n’apporte rien. Mais dans les pires, on pleure de rire ou de chagrin, suivant qu’on est capable ou non de second degré. Qu’il s’agisse de la bagarre entre le garde-chasse et le braconnier, de la partie de « cache-cache » dans sa cabane ou de la scène de viol, c’est affligeant de bout en bout, c’est d’une mollesse et d’un faux qui confine au génie. Quant à Mouchette elle-même, son sort difficile n’attire aucune empathie. Cette gosse est une telle petite pisseuse revêche et méchante comme une teigne, qu’on n’en a pas grand-chose à carrer de ce qui lui arrive. On est très loin du Petit Chose qui me faisait chialer quand j’avais dix ans…

Je suis surement très dur avec Bresson (peut-être que ça ressemble trop à "Besson"), mais je déteste cet aspect de notre cinéma, celui qui escroque sans vergogne, celui qui exclue sous prétexte de faire grandir le Septième Art. Pourtant, il y avait mieux à faire, la matière était bonne pour un meilleur film. Bresson en a fait une œuvre pédante et arrogante que je ne n’arrive pas à considérer comme ces films que je sais être des chefs-d’œuvre mais que je n’aime pas. Ce film n’est pas pour moi un chef-d’œuvre et je ne l’aimerai jamais. Voilà, finalement avec moi Mouchette n’a pas fait mouche, pas comme avec le braconnier qui l’a faite passer par la case tétard…

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