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Nowhere Boy par Le Blog Du Cinéma

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L'ambition de raconter la vie d'une idole demande à l'artiste deux types de qualité : celle de l'historien et celle du vampire. Collecter les faits, sucer leur moelle. Sam Taylor-Wood s'attaque à un John Lennon pubère, c'est-à-dire en pleine cuisson, à peine doré, encore disponible aux quatre vents. L'attaque fait mouche, le célèbre barde à lunettes est ici redécouvert et même découvert par un public qui ne connaîtrait que sa stature. Le baba cool mystique et philanthrope disparaît pour faire place à un excité, un satyre, à un rebelle que l'amour de deux femmes va conduire sur la voie de l'émancipation.

John Lennon vit avec sa tante depuis qu'il a cinq ans. Insouciant, taquin, il coule des jours heureux. Surviennent tout à coup la mort de l'oncle et le retour de la mère. Tel un héros choisi pour l'Initiation, le jeune homme se confronte dès lors à la vérité de ses origines, tout en faisant l'apprentissage du talent qui le rendra exceptionnel. Le schéma de Nowhere Boy empreinte à la mythologie son goût de la révélation et du test. La transposition a lieu dans l'Angleterre des années 50, époque de suspension juchée à la sortie de la deuxième guerre mondiale et à l'entrée de l'âge d'or du rock'n'roll et des courants libertaires.

La jeunesse se désinhibe sous l'influence d'Elvis Presley, de James Dean, de Jean-Paul Sartre. Le jeune héros anglais, préparé par son tempérament à faire sauter les conventions, trouve en sa propre mère le guide qui exacerbera sa sensualité en lui donnant pour cadre une musique jugée infamante parce qu'enflammée. Doté de cette musique, Lennon déviera les coups du sort en les passant au crible de son œuvre. C'est la transfiguration d'une vie familiale difficile en moteur d'énergie qui fera de ce barde un sérieux musicien [...]

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