Et mon cul sur le divan ( début )

Avis sur Nymphomaniac : Volume 1

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Depuis son sordide Antichrist sorti en 2009 Lars Von Trier s’est littéralement et définitivement démarqué de la production consensuelle du cinéma contemporain, entamant une gigantesque psychothérapie sur grand écran à renforts de thématiques dérangeantes et d’images chocs présentant des scènes de violences extrêmes, souvent liées à la sexualité torturée de ses personnages… Ce fut donc dans un premier temps Antichrist, drame horrifique en forme de parabole malsaine avec en point névralgique du récit la relation conjugale liant une patiente à son psy ; vint ensuite en 2012 le beau et nébuleux Melancholia, film-catastrophe singulier situé à mi-chemin entre Bergman et Vinterberg, éventuel révélateur filmique du trauma dépressif du cinéaste danois.

2014 fut pour Lars Von Trier l’année de Nymphomaniac, un film pour le moins déconcertant et de longueur considérable scandé en deux parties lors de sa sortie en salles. Rien de moins que la biographie d’une nymphomane racontée par elle-même sous le signe de l’intime ce film énorme, d’une durée dépassant les cinq heures, exploite le filon psycho-thérapeutique du nouveau cinéma de Von Trier : film de chambre, Nymphomaniac est donc un morceau de cinéma à la fois difficile, parfois perturbant, très référencé, souvent soutenu et parfaitement inégal dans sa globalité… un film au cœur duquel Lars accouche de ses obsessions, de ses fantasmes et de ses personnages malades, montrant la rencontre entre Joe et Seligman, d’une part la femme sexuellement insatiable et d’autre part l’inconnu curieux et asexué.

Cette première partie, présentée comme une psychanalyse déclinant les premiers moments cruciaux de la vie sexuelle de ladite nymphomane, demeure finalement assez plate et fort peu abordable pour les novices. De forme composite ce premier volet du diptyque joue beaucoup sur des effets de mise en scène distanciés, parfois injustifiés ou du moins proches de l’élucubration… Lars Von Trier y montre donc les premières expériences de Joe, avec comme figures de style principales le flash-back et l’auto-commentaire. Loin d’être inintéressante cette partie reste malgré tout très indigeste et aussi un peu vaine à bien des égards, laissant le sentiment d’être davantage dans le for intérieur malaisé de Seligman que dans l’esprit débridé de Joe. A la manière d’un fantasme inassouvi le récit lésine sur les séquences pornographiques, privilégiant les métaphores capillotractées et une imagerie sexuelle cafardeuse.

En cinq chapitres Lars Von Trier nous écarte des canons aguicheurs de l’industrie pornographique sans pour autant délaisser un certain rentre-dedans. Souvent filmés caméra à l’épaule les souvenirs de Joe restent digne d’intérêts, se terminant sur une scène d’anesthésie sexuelle annonçant pertinemment la seconde moitié de Nymphomaniac… comme un moment d’onanisme laissé en suspens.

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