Porcin mon cousin ou pour une éthique des droits des consommateurs et des consommés

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Des poules et des coqs, des troupeaux de moutons, des peaux de vaches, des pigeons, des perroquets, des renards et des loups… A travers le regard « candide » de Mija, la petite fille qui vivait en haut d’une montagne avec son grand-père et son amie Okja, c’est à la visite d’un véritable bestiaire humain s'inscrivant dans la droite lignée de la fable que le cinéaste coréen Bong Joon-Ho nous invite pour son sixième long-métrage à cinquante millions de dollars.

Forcée à quitter le « paradis terrestre » pour partir à la recherche de la truie transgénique avec pour seul objectif de la ramener chez elles et de la sauver d’un lugubre destin, notre petite héroïne qui n’a peur de rien du haut de ses quatorze ans (formidable Seo-hyun Ahn) va découvrir avec stupeur le monde des adultes. Et c’est pas triste…

C’est après avoir eu une « hallucination » au volant de sa voiture que Bong Joon-Ho aurait eu l’idée de « donner vie » à ce gentil monstre porcin tout aussi maladroit mais bien plus « humain » que son grand frère aquatique (« The Host »). Il est vrai qu’il y a beaucoup de similitudes entre l’homme et le cochon, à commencer par un patrimoine génétique très proche. Alors...

Non, ce qui m’interpelle quand même un peu c’est que ce film aurait converti au végétarisme une partie de son auditoire ( « Les Inrockuptibles ») alors que la vraie question était celle de la souffrance animale et l’objectif du cinéaste de dénoncer l’élevage intensif et le massacre des animaux à grande échelle. De là à renoncer à la cochonaille… ? Ah, anthropomorphisme quand tu nous tiens...

Quoiqu’il en soit, c’est avec un certain ravissement que je suis entrée dès les premières minutes dans cette histoire placée sous le signe du divertissement familial. Drôle, émouvant, poétique, des images d’un autre monde, une bande son au service de l’émotion, cascades, courses poursuites et multiples retrouvailles… « Okja » m’a tenue en haleine pendant presque deux heures.

Pour ceux qui ne sont pas abonnés à Netflix (le seul producteur selon Bong Joon-Ho à n’avoir pas voulu censurer les scènes de l’abattoir clairement évocatrices d’un holocauste qui ont le mérite de faire basculer la fable dans le conte philosophique ou « c’est à ce prix-là que vous mangez… du saucisson ». Comme quoi…) le film est toujours disponible. En streaming.

Que vive le cinéma !

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