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On l'appelle Jeeg Robot par Chocodzilla

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Les films de surper-héros on connaît. On connaît même bien puisque les sorties régulières en viendraient presque à nous fatiguer du genre.

Bons ? Mauvais ? Tout le monde se tire la bourre. Les « élitistes » qui sont incapables d’admettre qu’une superproduction puisse avoir des qualités voir même être simplement une réussite. Les fans, pires de tous, qui se foutent sur la gueule pour savoir si, oui ou non, l’œuvre de base est respectée, si untel est digne d’incarner leur héro... avec un manque total de pondération le plus souvent.
Ne parlons pas des crossovers, des films dont les droits ont été divisés qui donnent chacun leur version d’un univers, et tout ce qui fait que, comme avec les supports papiers, c’est le bordel.

Et là vient On l’appelle Jeeg Robot (Lo chiamavano Jeeg Robot) premier long métrage de Gabriele Mainetti.
Une perle italienne de deux heures qui m’a presque fait me lever et applaudir tellement je l’ai trouvée bonne.

A la suite d’une contamination, Enzo, petit truand de bas étages, développe une force surhumaine.
Restant dans un premier temps un truand tout aussi médiocre mais vachement plus couillu, il va peu à peu être entrainé dans une guerre de mafiosi.

La réalisation sort complètement des standards actuels du film de super-héros, nous plongeant dans un univers réaliste et violent (très) sans abus d’effets spéciaux (budget oblige), avec des très bons acteurs. On est presque plus dans un film noir et très loin de l’univers fantastique. D’ailleurs, pendant une longue période le film scinde en deux film de mafieux et film de super-héros pour enfin les réunir. Ça n’a pas plu à certains, moi ça ne m’a pas gênée car ça colle à merveille avec l’idée que les protagonistes en prennent plein la gueule pour pas un rond et subissent les dégâts collatéraux de cette guerre de gangs qui ne les concerne pas. Comme l’ensemble des romains qui se prennent des bombes terroristes d’ailleurs. Et c’est très intelligent car même pour Enzo qui subit cette injustice, ce n’est pas l’élément qui lui donnera sa vocation. Il lui faudra l’élément commun à beaucoup de super-héro:

la perte d’un être aimé qui représente tout pour eux et une promesse à ce dernier.

D’ailleurs est-ce un hasard si la première fois qu’il se conduit en héro c’est pour réparer une « boulette » causée par la police? De toute évidence les forces de l’ordre ne sont plus efficaces et Rome a besoin d’un super-héros.

Les personnages sont intéressants et formidablement incarnés. Enzo est un loser pour ne pas dire un parfait enfoiré qui mérite un coup de cran d’arrêt dans le ventre

(cf. la scène de la cabine d'essayage)

loin du jeune premier à la plastique surréaliste. L’ingénuité d’Alessia est très juste, « Le gitan » est à crever de rire dans son rôle de raté ringard, Nunzia apparaît peu mais est terriblement charismatique. Tous sont écorchés, tous vivent dans la merde et tous ont une raison de ne pas être de gentils cocos.

L’histoire d’amour (pas de film de super héro sans histoire d’amour enfin) est à la fois horrible et pure dans sa sincérité.

Et enfin ce film a été fait par un fan qui propose une vision novatrice s’inspirant plus de l’univers des super-héros japonais que de leurs homologues américains ! Ça change ! (bon un ou deux appels à Spider man ou au Joker sont quand même à noter).
Le fameux Jeeg Robot est en fait le nom italien de Kotetsu Jeeg de Gō Nagai ( Mazinger Z, Grendizer connu chez nous sous le nom de Goldorak…) , grand maître de la culture des Jeeg (robots). Notons par ailleurs que Kotestu Jeeg a besoin d’une jeune fille pour être complet…

Alessia dans sa « robe de princesse » ferait un bon cosplay pour incarner beaucoup d’héroïnes manga.

Même l’humour (présent avec parcimonie et pas du tout lourd) colle bien avec les réalisations japonaises qui en sont souvent truffées et qui présentent aussi souvent des « super-vilains » grotesques.
Je ne vais pas inventorier les références mais bon sang suis-je là seule à avoir eu Gekko kamen dans la tête quand notre héro a bondi sur un scooter pour aller lutter contre le mal ?!

Alors il y a des défauts bien sûr, parfois il est difficile de suivre l’action (je n’ai pas particulièrement trouvé la course poursuite initiale très bien filmée) mais vraiment ce film est bon et vaut la peine d’être vu !

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