Porno et danette : la sobriété heureuse

Avis sur On l'appelle Jeeg Robot

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Vous ne le savez peut-être pas encore, mais il existe un super-héros qui mange des danette tout en fumant et en regardant du porno. Ce super-héros s’appelle Enzo Ceccotti et il habite à Tor Bella Monaca dans la banlieue romaine. La vie d’Enzo est ponctuée de petits larcins qui lui permettent de s’acheter ses packs de danette et DVD porno. Tout bascule le jour où, poursuivi par la police, il manque de se noyer dans le Tibre et entre en contact avec une substance gluante s’échappant de bidons d’origine douteuse. Enzo développe alors une force surhumaine et la capacité de se régénérer. Suite à un malheureux concours de circonstances, Enzo rencontre Alessia, une jeune femme autiste fan du dessin animé japonais Jeeg Robot qui pense que son héros préféré s’est incarné en Enzo. Celui-ci va devoir la protéger d’un psychopathe surnommé « le Gitan », ancien candidat d’une émission de téléréalité en quête de reconnaissance sociale.

On l'appelle Jeeg Robot est le premier long-métrage de Gabriele Mainetti, à la fois réalisateur, producteur et compositeur. Inspiré pêle-mêle de l’univers manga, Marvel et de nombreux films mettant en scène des anti-héros tels que Léon de Luc Besson ou Incassable de M. Night Shyamalan, l’œuvre est une pépite du cinéma indépendant. Avec un budget de 1,7 million d’euros, Mainetti parvient à mettre en scène une œuvre particulièrement réussie, savant mélange d’humour, d’action de d’émotion.

L’élément fort du récit est cette histoire touchante entre Enzo et Alessia, interprétés respectivement par Claudio Santamaria et Ilenia Pastorelli. Enzo, sous ses airs d’ours mal léché et son physique d’armoire à glace se révèle être un personnage fragile, replié dans sa solitude et n’ayant aucune confiance en lui. Alessia avec ses grands yeux apeurés, son innocence bafouée et sa beauté candide va être le catalyseur de la transformation de son chevalier Enzo. Elle va lui apporter, comme dans le manga Jeeg Robot de Gō Nagai, les pièces nécessaires à la métamorphose. Il est difficile de rester insensible à cette histoire qui se construit sous nos yeux entre ces deux êtres délicats à qui la vie n’a pas fait de cadeaux.

Qui dit film de super-héros, dit super-méchant. On l'appelle Jeeg Robot n’échappe pas à la règle et dévoile un personnage narcissique, impulsif, ultraviolent et bête à manger du foin en la personne de Fabio, « le Gitan », interprété par Luca Marinelli. Ce personnage apporte une folie tout en gardant une grande désinvolture, un peu à la manière le personnage du Joker dans Batman.

Récompensé du prix du jury au Festival de Gérardmer, ce film apporte un souffle nouveau au cinéma de divertissement italien grâce à son récit haletant, un casting harmonieux et une mise en scène chiadée.

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