Docteur Maboul

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Un film étrange et complexe. Des moments vraiment réussis, de bons acteurs, des scènes visuellement loufoques, un chapeau en faisan, un chien nommé Beelzebub, de la crème et du lait, des atomes, des trains électriques, mais des espèces de flottements, des rigidités; c'est comme s'il y avait deux films en un qui tirent chacun de leur côté.

Le Docteur Praetorius cumule un poste de professeur à l'université et la direction d'une clinique privée. Adulé des patient(e)s pour ses méthodes (soigner par tous les moyens disponibles) et des étudiant(e)s, il est toujours flanqué d'un homme de main/assistant, le peu disert Mr Shunderson (Finlay Currie), qui le suit comme une ombre. Le professeur Ewell, collègue jaloux (et albinos ?) décide d'enquêter sur lui. C'est la trame McCarthyste du film, tourné en 1951 aux débuts de la tempête. L'enquête aboutira à une audition, mini-procès intenté par le conseil d'administration de l'Université. Procès ridiculisé par Mankiewicz : l'homme qui refuse de s'expliquer n'est pas forcément coupable. Les critiques ont vu dans Ewell un portrait de Cecil B DeMille, ce que Mankiewicz a toujours réfuté. Pour complexifier la chose, s'ajoutent deux couches : le débat entre médecine chimique et médecine holistique, et réflexion sur la peine de mort. D'où une certaine rigidité dans le propos.

Et l'amour dans tout ça ? C'est l'autre film. Une des étudiantes en médecine s'évanouit à la vue d'un cadavre. Le Dr Praetorius découvre qu'elle est enceinte, et que le père de l'enfant est un militaire qu'elle ne reverra plus. Désespérée, la jeune femme fait une tentative de suicide. Pour l'empêcher de recommencer, il lui ment en prétendant que les résultats d'analyses ont été inversés et qu'elle n'est pas enceinte. La jeune femme disparaît, il cherche à la retrouver pour lui dire la vérité et il s'ensuit un quiproquo assez inattendu et bien mené.
Cary Grant est tout en retenue, incernable pour laisser à Praetorius son mystère, ne laissant affleurer sa bonne nature que dans les scènes d'intimité avec Jeanne Crain ou Walter Slezak.

ps : Pour les amateurs, Cary cuisine une choucroute avec un torchon à carreaux autour de la taille (je vais finir par croire qu'il exigeait par contrat une tenue ridicule par film).

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