A l'origine du mal

Avis sur Ouija : Les Origines

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A l'annonce d'un nouveau Ouija ; ce qui était évident vu le succès financier du navet; j'avais prévu de faire l'impasse et de me concentrer sur des films plus subtils, tels Mr Wolff ou La folle histoire de Max & Léon. Puis à la lecture d'avis plutôt positifs grâce à la présence de Mike Flanagan à la réalisation, je me suis laissé tenter. Même si le film ne brille pas par son originalité, cela reste un produit de bonne facture, largement supérieur au premier opus.

Cela commence comme un drame, avant de basculer dans l'épouvante. C'est un film à l'ancienne, tout en sobriété avec peu d'effets, empruntant le même schéma que le classique L'Exorciste. Mike Flanagan (aussi au scénario) nous laisse le temps de faire la connaissance de cette femme célibataire élevant ses deux jeunes filles dans la demeure de son défunt mari. Il se permet de nous feinter, lors de la première séance de ouija, se terminant sur un grand éclat de rire nerveux. On attend l'apparition, le moment où on va sursauter sur notre fauteuil, mais il préfère instaurer une ambiance un brin angoissante à travers l’œil de la tablette ouija. En attendant, on assiste à des séances de spiritisme, à la difficulté d'une mère d'élever son aînée dont les hormones sont en ébullition, de gérer financièrement sa famille et d'avoir de l'attention pour sa petite fille subissant les moqueries des garçons au sein de son école religieuse. Trois personnages attachants, avant que le mal s'empare de l'une d'elles.

C'est assez étonnant de réaliser un Ouija : Les Origines, après un seul opus. Cela s'explique surement par le niveau de médiocrité de celui-ci, d'où le fait de retourner de suite à la source en mettant le projet entre les mains de Mike Flanagan. Son Pas un bruit (Hush) était plutôt malin et comme celui-ci; malgré son absence d'inventivité; il se montre efficace, même s'il a du mal à conclure correctement ses œuvres. En retournant dans les années 60 (1967 pour être précis), il revient à une époque où semble émaner un parfum de naïveté. Mais ne nous trompons pas, les prémices de notre époque dissolue sont entrain de prendre forme. La mère utilise sa fille de 9 ans pour communiquer avec les morts et épater la clientèle, au lieu de l'amener à l'école. Elle exploite son talent à des fins pécuniaires, comme celles qui transforment leurs enfants en mini-miss. Pourtant, on est en empathie avec elle, même si elle flirte avec un prêtre, mais son sourire et décolleté savent nous séduire. Avec autant de péchés à son actif, il est évident que sa vie n'allait pas se poursuivre dans la joie et la bonne humeur. On se doit de respecter les règles, surtout celle du ouija.

En dehors de sa réalisation, le film doit beaucoup à son trio d'actrices Elizabeth Reaser, Annalise Basso et Lulu Wilson. Elles représentent chacune une période de la vie d'une femme, jeune femme et enfant. La perte du père et mari, pèse lourdement sur leur psychisme, ce qui les rend vulnérables, même si elles restent des personnages forts. Les hommes sont relégués au second plan, comme Henry Thomas et Parker Mack. Ils ont un rôle à jouer, comme écouter une belle histoire sur les sensations ressenties lors d'un étranglement. Mais le personnage principal reste le mal, qui est-il, d'ou vient-il, dans quelle étage erre-t'il, quand apparaîtra-t'il et à travers qui. Tant de questions, dont les réponses se trouvent au sein de ce film d'épouvante.

Dans son genre, le film s'en sort bien. Ma préférence va pour son côté dramatique et son soupçon d'angoisse. Il ne restera pas dans les annales, mais surclasse aisément le lamentable premier opus.

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