Incursion de Brian De Palma dans le cinéma de guerre dix-huit ans avant son Redacted en Irak, Outrages revient sur les sentiers battus du conflit au Viêt-Nam sous Nixon. Forcément la vision de De Palma n’est pas anodine et ici il se concentre sur un fait particulier, le viol d’une paysanne autochtone par une section américaine, amenant à un ensemble plus grand, l’univers de l’armée qu’il présente comme corrompu.
Tourné juste après le triomphe des Incorruptibles, le film a bénéficié des présences de Sean Penn et Michael J.Fox, deux jeunes stars dominantes à l’époque. La performance de Michael J.Fox est particulièrement intéressante puisque son allure enfantine se heurte à la rudesse du contexte. Avec lui, De Palma introduit un regard naïf et bienveillant dans un monde où règnent la résignation et la violence. Sean Penn est quand à lui un de ces personnages autocratiques s’entretenant hors de la réalité grâce à la dévotion et l’admiration de ses seconds.
Bien qu’il mette en lumière une défaillance, De Palma montre aussi les limites des vices d’un système et offre la perspective d’une libération et de la justice. Elles mêmes apparaissent comme des sortes de fatalité. Relativement culte, Outrages est un film différent, à voir, mais ce n’est pas un opus essentiel ni représentatif de son auteur.
Il est aussi sujet à quelques lourdeurs de mise en scène (la scène d’exposition). Cependant malgré des repères moraux un peu schématiques et convenus, Casualties of War fait preuve d’une grande virtuosité et analyse ses personnages et leurs motivations avec intelligence. De Palma révèle ici une démarche proche du roman psychologique et montre que son sens de l’ambiguïté concerne aussi le fond.
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