ça sent plus le petit DTV que le vrai film de cinéma

Avis sur Overdrive

Avatar Rick Jacquet
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Overdrive, c’était le film que je devais voir, pour plusieurs raisons, dont une personnelle. Malheureusement, c’est aussi le film qui veut bien faire, qui essaye, mais qui n’y arrive pas. Faute de budget confortable pour ses ambitions, faute d’un vrai scénario rendant ses personnages attachants, faute de pas mal de petits détails. Tourné dans le Sud de la France début 2016 (et non, ce n’est pas IMDb qui le dit, j’ai mes sources), Overdrive est sur le papier un énième film qui veut surfer sur une vague lancée bien des années plus tôt des films de voitures. Vous savez, les trucs genre Taxi (5 films), Fast & Furious (8 films). Comme le premier Fast & Furious justement, il y est question de voitures volées, histoire de nous mettre un petit scénario à base d’arnaques, de voleurs de voitures, de plans qu’il va falloir changer au dernier moment. La routine, on commence à la connaître. Mais à l’heure où les budgets explosent, où les poursuites en voitures se font de plus en plus improbables, avec des sous-marins, des sauts de tours en tours… Overdrive au moins n’a pas ses ambitions grand spectacle, il veut rester terre à terre, et c’est tout à son honneur. Malheureusement, si le métrage ne fait que 1h33, qu’il s’agît d’une co-production avec la France (et TF1…) et les Etats Unis (et la Belgique aussi), et bien, ça ne fonctionne pas, ça se plante. Passé une première scène de vente aux enchères suivie d’une petite séquence de vol sur une autoroute totalement déserte (c’est ça la France), ça retombe aussi sec.

On nous présente donc notre trio de héros, avec Scott Eastwood, fils de Clint donc, beau gosse de service et voleur de voiture romantique, son beau frère joué par Freddie Thorp qui n’a jusque là quasiment que Overdrive a son actif et la sublime Ana de Armas jouant la petite amie de notre héros beau gosse. La fine équipe va se retrouver embarquée dans une histoire de mafia et va avoir une semaine pour voler une voiture de luxe. Mais Overdrive tombe très rapidement dans les pièges à la fois de son scénario mais également de sa mise en image. À savoir pour le scénario, un prétexte scénaristique comme on en voit souvent dans le genre, donc au final rien de bien grave, mais des personnages à l’écriture inexistante ne leur donnant pas une once d’âme. Du coup, Scott Eastwood se contente d’être le beau gosse qui donne parfois quelques coups de poings et quelques coups d’accélérateurs, Freddie Thorp passe son temps à faire l’intéressant et Ana de Armas est totalement en retrait. Le pire c’est que vu ce qu’on leur demande de jouer… et bien ils ne sont pas très bons pour la plupart. On a souvent le minimum syndical, voir parfois, ça sonne faux (notamment Ana de Armas, que j’adore pourtant). Ne parlons même pas des personnages secondaires, qui vont du ridicule (la représentation de la mafia Française) au juste à côté de la plaque (les agents d’Interpol). Pas fameux tout ça. Mais la mise en scène n’est pas en reste, puisque passé l’introduction avec donc cette mise aux enchères (rappelant en moins bon Trance de Danny Boyle) et cette première poursuite, c’est le calme plat.

Rien de palpitant, rien d’intéressant. On pourra juste dire que le métrage évite au moins d’utiliser la Shaky Cam, et encore une fois c’est tout à son honneur, mais l’ensemble manque d’ampleur, de fureur, de vitesse. Un comble quand le tagline du film est « Think Fast, Drive Faster ». Justement, venons en aux poursuites en voitures. Et bien finalement, il n’y en a que deux. Celle d’ouverture, et celle de fin. Entre les deux, une pseudo intrigue d’arnaque pas passionnante et une course à pieds où les méchants ne savent pas viser. Là où le réalisateur aurait pu se rattraper en filmant des poursuites impressionnantes sur des routes dangereuses (ah ben ça, la France, on aime les routes minuscules qui tournent dans tous les sens), ses splendides voitures de courses filant vite… et bien non il n’en est rien. La seule et unique vraie poursuite du film manque de peps, ne va pas si vite (les nombreux plans larges semblent aller tout doucement), est assez courte, n’a pas d’ampleur ni rien. On ne se sent jamais concernés, nous ne sommes jamais impressionnés, et le film se termine un peu comme il a commencé, dans l’indifférence. Il lui aurait clairement fallut plus de rythme, plus de peps, ou de bien meilleurs personnages pour que l’on s’y attache un minimum. Là, c’est quasi un petit DTV mais qui aurait eu droit à sa sortie cinéma. Au moins, c’est court, mais bon.

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