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Avatar Boubakar
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Le film est porté par une formidable Kristin Scott-Thomas, qui n'hésite pas à assumer son âge, par le biais des scènes de sexe (où l'on sent une vraie "fusion" avec Ivan quand ils font l'amour, et on la sent ailleurs quand son mari la baise, il faut dire les choses comme elles sont), que par le fait qu'elle est souvent sans maquillage, on la voit vraiment à nu, une vraie performance d'actrice. Et j'adore la scène quand elle et Ivan se parlent respectivement dans leurs langues d'origine, elle déclamant un magnifique this is the most beautiful day of my life.
Quant aux hommes, Yvan Attal est aussi impeccable, il supporte très bien le poids des années dans son physique, et sait se montrer vraiment terrifiant, et on se rend compte qu'il souhaite garder sa femme uniquement pour un but de prestige social, tant il semble se moquer de ce qu'elle pense, jusqu'à céder à contrecœur à ses caprices du fait qu'elle veut redevenir kiné. Bizarrement, Sergi Lopez est un peu moins bon, pas dans son jeu, mais il me semble répéter ce qu'il faisait dans Ricky (jusqu'à garder la même coupe de cheveux).

Comme je le disais, le film n'est pas d'un grand suspens, mais il y a une tension tangible durant tout le film, à savoir si le couple adultérin va "survivre" aux coups que leur fait Samuel (il coupe carrément les vannes financières à sa femme, jusqu'à ce qu'elle se fasse avaler sa CB dans un distributeur, ce qui nous vaut une très belle, mais pathétique scène, où Suzanne s'enfonce complètement, au nom de son amour.
Même si son geste est condamnable, jusqu'à abandonner ses enfants, ce que sa fille va lui reprocher, je comprends un peu son ressenti, car la vie qu'elle a vécu avec Samuel ne lui a guère laissé l'occasion de s'épanouir, et de rester comme une bobonne. Et son nouvel amour lui donne des ailes, et il y a une scène formidable où, surprise par son époux d'un coup de fil douteux, ce dernier l'emmène dans leur chambre et l'enferme à clé, comme on punirait un enfant coupable d'une bêtise. Dans le jeu de Kristin Scott Thomas, il y a un côté enfantin au début de leur adultère, mais dont les conséquences vont s'avérer désastreuses.

C'est vraiment une grande surprise, où la caméra de Catherine Corsini capte à merveille une sorte d'urgence, à l'image de la relation cachée (jusqu'à faire une mise au point en pleine scène), aidé par une très belle photo, quoiqu'un peu didactique (sombre quand elle vit chez son mari, solaire et claire avec son amant). D'ailleurs, je suis content que le film marche assez bien (dans la salle, on entendait une mouche voler au générique), preuve qu'on peut sortir des films français de qualité durant l'été.

Et, pour l'anecdote, le film a été tourné à Uzès et à Nimes, au point que je reconnaissais plusieurs endroits du film (la scène où Ivan se fait arrêter a été tourné tout près d'un de chez mes amis, ça fait bizarre), et j'ai remarqué quelques erreurs de raccords de lieux, mais ça ne joue pas dans mon appréciation très positive du film.

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