La poésie de l’amour au sens large

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La poésie de l’amour au sens large. Que ce soit pour le travail du tissus, l’exigence de soi et des autres, la vie en communauté et l’éventuelle possibilité d’une relation intime. Le monde de la mode qui amplifie un aspect onirique et exigeant. L’handicape dans les relations sociales par faute d’être un créateur, serait-ce Paul Thomas Anderson mis en scène dans un autre contexte ? Le travail d’un réalisateur qui est aussi exigeant que celui d’un créateur ?  
Plongé dans un lyrisme poétique par l’image, la musique, les performances des acteurs, il s’agit là d’une œuvre d’art.
Tout ce que la puissance d’une mise en scène peut permettre est réunie dans un seul film.
Ce que l’amour peut provoquer dans une vie se définirait par une sorte de confrontation afin que chacun des personnages trouve sa place. La sensualité se retrouve dans les mensurations, le tissus, matière première pour créer une robe. Aucune vulgarité, tout n’est que justesse et précision ce qui donne au film beaucoup de charme. Basée sur l’aveuglement de l’amour, inspirée de Fenêtre sur cour d’Alfred Hitchcock (1954), Paul Thomas Anderson nous livre une version personnelle du vécue d’un artiste/auteur, quant à la possibilité d’avoir une vie intime en plus d’un travail qui est sa raison d’être. Tel un conte réaliste, inspiré d’ancien conte populaire allemand comme Le Vaillant Petit Tailleur des Frères Grimm, retranscrit dans l’Angleterre des année 50.
Il s’agit d’un ensemble de choix artistiques (mise en scène), visuelles (photographie, lumière) ainsi que de performances de la part des acteurs qui permettent un rendue aussi sublime, dans une époque révolue de la haute société. Il y a la question du mérite de porter du Woodcock, preuve de respect pour une création vis à vis d’un artiste.
La musique de Jonny Greenwood peut être considéré comme un personnage à part entière qui accompagne tous le récit du film avec grande finesse.
L’audace d’un créateur et le sacrifice pour son art est une des thématiques importantes du film.
Une fois de plus Paul Thomas Anderson arrive, notamment grâce à l’interprétation des acteurs (Daniel Day-Lewis, Vicky Krieps, Lesley Manville) et son incroyable mise en scène à nous plonger dans un monde où réside malfaisance de ses personnages, mais on y trouve malgré tout une certaine empathie.
Il s’agit là de grande maitrise de la part du réalisateur, qui nous permet de visualiser un grand film.

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