Ode à la liberté.

Avis sur Point limite zéro

Avatar Boubakar
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Je sais que Tarantino avait cité le film dans son Boulevard de la mort, mais il faut avouer que en-dehors de la voiture, ils n'ont pas grand-chose à voir.

Vanishing point est un film de son temps, celui où l'Homme était épris de libertés, en particulier celles qu'on lui avait inculquées à la fin des années 60, et il s'est senti plus libre que jamais.
Dans un sens, il rejoint des films analogues que sont Easy rider et Electra glide in blue car ce sont tous les trois des documents de leur temps, mais où la réalité finira toujours par les rattraper.

C'est un road movie, au pitch très simple (15 heures pour aller d'un point A à B avec une Dodge à convoyer), avec un personnage que l'on connait très peu au départ, mais par la présence de flash-backs, on va voir qu'il avait un passé de pilote, et que la vie ne l'a pas épargné. On comprend aussi que ce voyage n'est pas juste un simple transport de véhicule, c'est aussi un accéléré de sa vie, avec des personnages croisés sur le chemin, qui vont le renvoyer à sa condition de mortel.

Le coup de génie du film est qu'il est régulièrement découpé par des interventions d'un animateur de radio, de couleur noire, et qui va agir comme une sorte de conscience pour ce conducteur, car au fil de ses poursuites réussies face aux flics, ce dernier va devenir un modèle pour la nation, jusqu'à une scène magnifique où il déclamera qu'on a là l'apparition du dernier américain libre.
La liberté est le maitre mot du film, car si des scènes sont d'apparences inutiles, comme la secte, certaines sont excitantes (pas là, non) à l'instar de cette jeune fille chevauchant nue une moto et qui apparait comme un sommet de fantasme pour le conducteur. D'ailleurs, celui-ci ne dort jamais durant son trajet, et s'écarte du film de Dennis Hopper en ne prenant pas de la mairjuana mais du speed pour tenir le coup.

Si vous avez vu des road movies de cette époque (on aurait pu inclure aussi Sugarland Express, le premier film de Steven Spielberg), la fin est connue, mais elle apporte la vraie conclusion de l'histoire, à savoir que cet homme, qu'on ne connaitra qu'assez peu au final, restera toujours libre au-delà de sa propre vie.
Attention ; l'allusion de Boulevard de la mort ne doit pas vous faire croire qu'il y ait des tonnes de cascades. Non, ici, c'est plutôt chiche, avec quelques flics qui tombent de leurs motos, mais ça n'est pas là l'attrait du film.

C'est un homme qui va conquérir sa liberté, et c'est ce qui en fait un film vraiment passionnant, avec des acteurs tous épatants (et peu connus), où la mise en scène crée un vrai sentiment d'urgence en filmant à l'arrachée cette Dodge défiler à toute vitesse, avec une bande-son magnifique
Pour finir, ce film est typique de son époque, celle qui filme du rien avec classe, ou de la classe avec rien, avec la liberté que donnait une Major (impossible de voir un film pareil aujourd'hui, sauf en indépendant), et, si il n'y avait pas des scènes un peu caricaturales (avec les deux homosexuels batifolant avec force gestes), on toucherait au chef d'oeuvre.

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